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En 2005, les RG avaient pris soin de protester publiquement contre l’interprétation abusive sinon mensongère du ministre de l’Intérieur de l’époque des émeutes qui avaient embrasé de nombreuses banlieues et quelques quartiers parisiens. Y compris d'ailleurs des quartiers populaires à dominante "gauloise" blanche du Nord-Pas de Calais.

Le rapport qu’ils avaient établi analysant les raisons et les éventuels meneurs de ces révoltes urbaines en principe confidentiel mais qui a fuité comme par inadvertance assez rapidement après sa rédaction a été publié le 7 décembre 2015 par le Parisien-Aujourd’hui en France.

Aucun groupe n’avait organisé ni manipulé le mouvement.
Avec une grande clarté, ce rapport attribue la révolte à « une condition sociale d’exclus de la société française », écartant les déclarations des responsables politiques qui invoquaient une origine ethnique ou religieuse.

Désespérance sociale, absence de perspectives, pénalisation par la pauvreté, le nom et l’adresse, telles sont les causes de cette insurrection sans mot d’ordres ni encadrement politique.

Dix ans plus tard, les choses ont empiré.
Et cette pertinente annonce publique, sorte de mise en garde sur les contresens et les manipulations, n’a pas été entendue, peut-être à dessein. (1)

Les organisateurs de la marche pour commémorer la tragédie des deux adolescents morts pour s’être réfugiés dans un transformateur EDF espérant échapper à une poursuite policière ont défini leur horizon politique comme une lutte contre le racisme et une promotion de la dignité.

Ils reprennent donc à leur compte la stratégie de l’appareil politique au pouvoir, faire passer pour des antagonismes raciaux, de culture et de religion les effets destructeurs du capitalisme tardif. Certains appellent cela "islamiser les problèmes sociaux".

Et continueront à être masquées la raréfaction du travail et sa précarisation de plus en plus institutionnalisée et admise. Migrants économiques et écologiques), contraints de quitter leur pays d’origine déstabilisé par les injonctions appuyées du FMI, les désertifications et les guerres pour les matières premières, sans papiers, par leur flux savamment dosé viennent concurrencer les citoyens protégés par un Code du Travail non encore totalement déconstruit et quelques droits résiduels les rendant trop chers pour le Marché.

Deux catégories d’ingénieurs (2) ont vu le jour avec la phase actuelle du mode de production internationalisé, les ‘financiers’, ceux qui inventent des moyens de faire fructifier de l’argent sans travail, et les ‘sociaux’, ceux qui s’emploient à contrôler les sociétés par exaltation de différences d'apparence transformées en arguments existentiels . Ils peuvent aussi concevoir toute une machinerie de déplacements et de transferts de populations, opérant comme des ‘peoplemovers’.

Une autre catégorie de travailleurs vient en toute légalité, selon une directive européenne de 1996, viennent d’États de l’Union européenne en tant que ‘détachés’ par leur entreprise. Ils bénéficient des salaires du pays receveur avec l’absence de charges sociales du pays d’origine. Leur nombre augmente considérablement. Ils étaient 220 000 travailleurs détachés en 2013, essentiellement roumains et polonais et plus de 300 000 non déclarés. Avant même de faire la traversée du continent de l’Est vers l’Ouest, ils sont chapitrés : les Français sont paresseux, refusent de travailler, particulièrement les Arabes et les Noirs. (3)

Des milliers de Polonais sont venus couler du béton à Flamanville pour la réalisation des travaux préliminaires de l’EPR confiés à des filiales de Bouygues, lesquelles recourent allègrement en plus des détachés de travailleurs non déclarés. (4) La chaîne de télévision, principal acteur de l’ingénierie sociale, fabrique la peur et le sentiment d’insécurité habilement attribué à des hordes raciales, fait et défait les marchés électoraux, en dicte les enjeux.

Le mépris et le rejet des Français d’origine extra-européenne a été développé comme outil commode pour se tailler des parts de marché électoral par l’oligarchie qui convoite plutôt que le pouvoir, ses attributs clinquants. La Révolution iranienne qui a chassé l’un des alliés de l’Occiident-Israël dans la région du bon pétrole pas cher et à portée de missiles de l’entité sioniste est l’autre argument qui a vu fleurir l’expression ‘les Ayatollahs’ pour désigner de prétendus fanatiques ou des extrémistes irrationnels, fussent-ils de simples syndicalistes de la CGT défendant leurs droits et s’insurgeant contre la destruction des sites industriels exécutée sous le règne de Mitterrand I. Ce facteur géostratégique majeur pour les locataires de la Maison Blanche a été plus déterminant dans la dénonciation des très rares têtes recouvertes de foulard par les so-sionistes au début des années quatre-vingt que les promesses consenties à l’OAS par l’homme devenu de gauche par pur opportunisme.

Un autre accueil et une l’intégration sans encombre sont réservés à d’autres ouvriers spécialisés, très prisés, venant de ce Tiers-monde, hautement qualifiés, médecins et ingénieurs rapidement insérés tout en manquant à l’appel dans leur pays d’origine qui les a pourtant formés, entretenus et soignés.

Ils sont pléthore dans les sièges des multinationales à la Défense.

Ils sont choyés et disposent d’un énorme chapiteau pour la prière du vendredi. Nul n’y trouve à y redire. En effet, ces fidèles ne se prosternent pas dans la rue. En costume cravate, ils sont les pièces maîtresses qui articulent les off-shoring recommandé par le management étasunien, exportant le travail quand c’est possible hors de France et contribuant à ruiner un peu plus le pays en réduisant la masse salariale qui y est distribuée. Zélés, abeilles actives dans les immenses open space, jaloux de leur petit périmètre dans la ruche, ils méconnaissent les processus du soft power conçu dans d’autres tours enveloppées dans des murs rideaux à effet miroir. D’autres fourmis font leur miel et mettent au point la dernière création culturelle, à faire consommer sans entrave, le terrorisme islamique high tech qui dépossèdent un bon milliard d ‘humains des derniers vestiges de leur identité pré-post-industrielle en la disqualifiant.

L’État français n’existe plus officiellement depuis 2006, le traité de Lisbonne et officieusement depuis le traité de Maastricht, 1992.

Lui prêter des intentions et une stratégie cohérente de type colonial est un anachronisme, certes confortable pour la pensée encore attachée aux schémas de la fin du 19ème et du début du 20ième siècle.

La fin de la deuxième guerre mondiale-européenne a sonné l’heure d’un nouveau mode de production, d’une nouvelle division internationale du travail. L’entretien d’armées de métier et de conscrits n’est plus nécessaire comme au second stade du capitalisme, l’impérialiste. Mais il y a d'autres armées de mercenaires en gestation à partir de cette époque, les sociétés privées de sécurité et les armées mercenaires des Etats clients comme les pétromonarchies.

Les occupations coercitives des territoires sont progressivement abandonnées par l’Occident.

Deux exceptions, l’une qui dure, celle de la Palestine, l’autre, la guerre du Vietnam qui jouait le rôle d’une dépense et destruction d’un trop plein d’armement et d’équipement aéronaval.

La structure héritée de l’ancienne province romaine après le morcellement passager féodal collecte l’impôt pour le bénéfice des créanciers et le fonctionnement de la bureaucratie qui assure cette fonction et celle d’une relative paix sociale. Son armée quand elle n’est sollicitée par le suzerain pour des interventions extérieures se prépare à exercer des opérations de police contre un ennemi intérieur, la dernière séquence offerte s’est terminée dans une messe grotesque « charliesque ».

Après 2005, nulle fièvre éruptive notable n’est enregistrée sur le sismographe.

L’irrigation de toute la jeunesse, des quartiers nantis en quantité plus abondante que celle des démunis, par une quantité adéquate en produits stupéfiants est assurée.

La mémoire profonde est déstructurée

Le Get now satisfaction déconnecte du Temps. Il n’existe plus que des instants présents fragmentés sans insertion dans l’histoire.

Il ne reste plus pour reconstruire une identité que l’établissement d’une fausse homogénéité du moi et de sa représentation hallucinée.

Et la production de simulacres, c’est-à-dire d’une copie authentique de quelque chose qui n’a jamais existé. Dans cette élaboration d ‘une proto-politique ou micro-politique, celles de singularités nostalgiques d’une nostalgie, est requise une idéologie composite faite de fragments. Morceaux de textes sans leur contexte sont juxtaposés dans un collage où chacun des éléments a perdu de sa force de vérité et mobilisatrice et dont l’ensemble, composite revendique d’emblée à renoncer à construire du concept pour ce moment encore neuf. L'ethnicité, la tribalité ou la religiosité dominante ne sont que des hochets identitaires de pacotille.

La Marche pour l’Égalité de 1983, utopie bourgeoise qui avoue être irréalisable, s’est transformée plus de tente après en un dérivé du second degré, avatar improbable dégoulinant de moraline, une parade pour la dignité.

Cette forme de requête inaboutie est jetée comme une épave dans un océan qui charrie des monades voguant sans barre ni gouvernail, chacune avec un pavillon écrit dans une langue autoréférentielle incompréhensible les unes aux autres.

Ceux qui croient encore que le racisme et l’antiracisme sont des opérateurs pertinents sont invités à méditer les propos du Président de KLM Air France tenus il y a un an sur le travil des enfants et l’exemple à prendre chez les Arabes du Qatar qui emprisonnent les grévistes. (4)

Le Qatar va inaugurer une cité entièrement "dédiée" à ses travailleurs immigrés, parfait ghetto quadrillé, le rêve de toute multinationale.

Dernière remarque qui semblera à certains datée, le fameux « Prolétaires de tous les pays , Unissez-vous !» avait été élaboré comme réponse à la concurrence organisée par les patrons d’entreprises capitalistes entre ouvriers locaux et ouvriers migrants.

C’était le sens de la construction de l’Internationale ouvrière devenue "socialiste" après la scission de l'Internationale communiste.

Aujourd’hui que ne prévaut que la multinationalité du Capital, elle n’a pas perdu de sa vigueur. Tout au contraire, elle englobe en particulier tous les peuples prolétarisés de la terre qui sont venus s'adjoindre à cette masse exploitée d'origine. Masses du Sud comme du Nord, dont les liens avec l’habitus traditionel , cadre de vie, moyens de subvenir à ses besoins et représentation de ses relations avec la matérialité ont été anéantis par le capitalisme envahissant, dissolvant et métastatique . Quand ne se suicident pas les derniers paysans indépendants de France ou d’Inde, ils ne peuvent assurer pour leurs enfants que le seul horizon où ils travailleront peut-être pour une firme sans maître identifiable. Plus sûrement, ils iront accroître le nombre des sans –emplois , la réserve des 80% de Brzezinski vissés devant des écrans, une cannette de bière et/ou un pétard à la main.

Badia Benjelloun

Notes
(1) Il est su de source sûre que Georges Soros et son Open Society pénètre les banlieues françaises et encadre certaines officines qui luttent contre le « racisme ». En parallèle avec l'ambassadeur des Etats-Unis et du Qatar qui visitent régulièrement ces terres en déshérence abandonnées par les pouvoirs publics français et où aucun autre diplomate étranger ne met jamais les pieds.
(2) Il sera omis ici pour ne pas trop obscurcir le propos l’ingénierie génétique.
(3) http://www.touteleurope.eu/actualite/travailleurs-detaches-mode-d-emploi.html
(4) http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3607176/travail-dissimule-sur-l-epr-de-flamanville--bouygues-condamne#.VjfH4qTvO_V
(5 ) Elle parvient à dissimuler le secret de son enrichissement dans le bâtiment, l’emploi des sans papiers, facilite leur arrivée, tout en promouvant la haine de l’étranger confondu avec le musulman. Flamanville est paradigmatique à plus d’un titre de l’évolution du capitalisme des coquins. Le projet qui aurait dû être livré en 2012 il et ne sera pas prêt avant 2016. Assez vite, le béton, mal coulé, par les équipes de détachés et de non déclarés, dès les étapes initiales, s’est fissuré, générant des retards et des surcoûts pour EDF Areva et le contribuable. Ces péripéties et celles des difficultés rencontrées dans la construction de l’EPR en Finlande ont conduit à un endettement du maître d’ouvrage à 45 milliards d’euros. L’impossibilité de se fournir sur les marchés financiers a contraint Areva à accepter la participation d’entreprises chinoises dans un consortium pour réaliser deux EPR au Royaume-Uni. En échange, tout le savoir-faire sera donné aux Chinois. L’obligation contractuelle d’alimenter en uranium, en voie de raréfaction, les centrales nucléaires qu ‘elle construit a été l’une des raisons de la guerre au Mali. Pour clore cette longue boucle, Bouygue recrute pour ses chantiers en France des Maliens ou autres Africains qui fuient la misère économique, la guerre et Boko Haram, instrument de la projection occidentale en Afrique subsahélienne , fait de mercenaires et de narco-trafiquants. 

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