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Le sociologue, poète et artiste peintre Mustapha Saha rend hommage à Leila Alaoui, artiste planétaire, messagère de paix et d'humanité, fauchée, en pleine éclosion créative, par l'hydre noir du fanatisme.

La Belle Maghrébine
Par Mustapha Saha

Elle dansait pieds nus la belle maghrébine
Sur la route d’exil du penseur muselé
Deux anneaux cadençaient sa danse libertine
Deux bracelets d’argent d’énigmes ciselés
Cependant que ses mains gantées de florentine
Perçaient d’évasures les filins barbelés

Elle dansait pieds nus la belle maghrébine
Sur la rhapsodie bleue de l’incessante errance
Sur le chant de douleur lancinant en sourdine
Sur la flûte envoûtée des nuits sans espérance
Tandis qu’un arlequin confident de l’ondine
Rythmait sur tambourin sa sublime endurance

Elle dansait toujours la belle maghrébine
Quand la lune éclaira l’endeuillée ville verte
La place du marché jonchée de carabines
Le puits des supplices bouche d’enfer ouverte
Le mausolée du saint taché d’hémoglobine
La maison des femmes d’anathèmes couverte

Elle dansa pieds nus la belle maghrébine

Jusqu’à disparaître dans la source naissante
Quant il ouvrit les yeux par une aube marine
La mémoire purgée de ses lubies stressantes
Il sentit reprendre la vie dans la poitrine
Et sur son front courir la brise caressante

© Mustapha Saha
Sociologue, poète, artiste peintre




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