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Mais si la mémoire ne se trouve pas dans le cerveau, où réside-t-elle alors ? En suivant les conceptions des biologistes précédents, Sheldrake pense que tous les organismes ont leur propre forme de résonance – un champ existant aussi bien à l’intérieur qu’autour de l’organisme, lui donnant des instructions et une forme.

L’approche morphogénétique est une alternative à la compréhension mécanique et réductionniste de la biologie, elle considère les organismes comme étant intimement connectés à des champs en correspondance, s’alignant d’eux-mêmes avec la mémoire cumulative que l’espèce entière a expérimenté par le passé.

Mais ces champs deviennent toujours plus spécifiques, formant des champs à l’intérieur d’un même champ, chaque esprit – et même chaque organisme – ayant sa propre résonance et sa propre histoire qui est unique, stabilisant l’organisme en se basant sur les expériences passées. « Le concept clé de la résonance morphique, c’est que des champs semblables influencent leurs champs correspondants à la fois à travers le temps et l’espace », écrit Sheldrake.

De nombreux neurologues continuent encore à faire des tests toujours plus profonds dans le cerveau afin de trouver le siège de la mémoire. Un de ces chercheurs les plus connus est Karl Lashley, qui a démontré qu’après avoir enlevé 50% du cerveau d’un rat, ce dernier pouvait encore se souvenir d’éléments pour lesquels il avait été entraîné.

Curieusement, le fait que la moitié du cerveau ait été enlevée ne semblait faire aucune différence, que ce soit d’ailleurs l’hémisphère gauche ou droit, les rongeurs étaient capables d’exécuter les actions apprises auparavant. D’autres chercheurs ont montré les mêmes résultats avec d’autres animaux.

Imaginez cela
La théorie holographique, née d’expériences comme celles de Lashley, considère que la mémoire ne réside pas dans une région spécifique du cerveau, mais plutôt dans son ensemble. Autrement dit, la mémoire est conservée tel un pattern à travers le cerveau, comme les hologrammes.

Les neurologues ont découvert aussi que le cerveau n’était pas une entité statique, plutôt une masse synaptique dynamique, dans un flux constant – toutes les substances chimiques et cellulaires interagisseant et changeant de position de manière constante. Il est différent du disque dur d’un ordinateur qui a un format régulier qui ne change pas et qui va ressortir la même information enregistrée même des années auparavant. Il est difficile de maintenir que la mémoire puisse être conservée et restituée de cette façon, dans un cerveau en perpétuel changement.

Cependant conditionnés comme nous le sommes à croire que toutes nos pensées sont contenues dans notre tête, l’idée que la mémoire puisse être influencée depuis l’extérieur de notre cerveau apparaît comme quelque peu déroutante.

Sheldrake écrit dans son article Staring Experiments: «...en lisant cette page, des rayons de lumière passent depuis la page vers vos yeux, formant une image inversée dans la rétine. Cette image est détectée par des cellules photosensibles, causant des impulsions nerveuses passant par les nerfs optiques, conduisant à des formes d’activités électrochimiques complexes dans le cerveau».

«Tout cela a été démontré en détail par les techniques de neurophysiologie. Mais maintenant arrive le mystère. Vous devenez conscient de cette page. Vous en faites l’expérience hors de vous, en face de votre visage. Mais, d’un point de vue scientifique conventionnel, cette expérience est illusoire. En réalité, l’image est à l’intérieur de vous, contenue dans le reste de votre activité mentale.»

Tandis que les recherches sur la mémoire défient les compréhensions biologiques traditionnelles, les chercheurs comme Sheldrake pensent que le véritable siège de la mémoire se trouve dans une dimension spatiale non-observable.

Cette idée s’aligne avec les conceptions plus primordiales de la pensée comme «l’inconscient collectif» de Jung ou la pensée taoïste qui considère l’esprit et la pensée humaine comme dérivés de diverses sources aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du corps, y compris les influences énergétiques de plusieurs organes différents (excepté bien sûr, le cerveau).

Dans ce sens, le cerveau n’agirait pas comme un moyen de stockage des informations ou de la pensée elle-même, mais comme le lien physique nécessaire reliant l’individu avec son champ morphique.

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