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Partage des données, désinformation... Le fondateur d'Internet, Tim Berners-Lee, plaide pour davantage de transparence en ligne à l'occasion des 28 ans de la création du "World Wide Web".

Les fameux "www" soufflaient leurs 28 bougies ce dimanche. L'occasion pour le Britannique Tim Berners-Lee, père fondateur d'Internet, d'alerter sur des dangers repérés sur la toile au cours des douze derniers mois. Dans une lettre ouverte publiée sur Web Foundation, organisation qu'il a créée en 2009, il évoque une "bataille (...) sans trêve" pour garder Internet ouvert. Il s'inquiète de :

■ La collecte massive des données personnelles
Quel internaute s'attarde à lire entièrement les conditions d'utilisation avant de les accepter sur Internet ? C'est ce que souligne en substance Tim Berners-Lee, qui dénonce un "long et obscur contrat". Résultat : le contrôle des données personnelles échappe bien souvent aux utilisateurs. "Qui plus est, nous n'avons souvent aucun moyen de signaler aux entreprises quelles données nous préférerions ne pas partager, particulièrement avec des tiers. Les conditions générales sont du tout ou rien." C'est pour cette raison qu'une association de consommateurs allemands a porté plainte début février contre WhatsApp. L'application de messagerie instantanée est accusée de partager les numéros de téléphones de ses utilisateurs avec Facebook, sa maison-mère.

■ La viralité de la désinformation
Concernant la désinformation, Tim Berners-Lee pointe la responsabilité des réseaux sociaux et des moteurs de recherches, principaux canaux d'accès à l'information. Selon une étude de Pew Research publiée en juillet 2015, 63% des utilisateurs américains utilisent Facebook pour s'informer, contre 47% en 2013. "Ces sites gagnent davantage d'argent quand nous cliquons sur les liens qu'ils nous proposent. Et ils sélectionnent le contenu proposé en fonction d'algorithmes qui apprennent de nos données personnelles récoltées en permanence." De manière à faire davantage cliquer les internautes - quitte à encourager la prolifération de "contenus surprenants, choquants, ou destinés à correspondre à nos opinions personnelles".

C'est notamment l'argument utilisé aux Etats-Unis pour accuser Facebook d'avoir influencé l'élection présidentielle. Le réseau social de Mark Zuckerberg s'est vu reprocher la mise en avant par ses algorithmes de "fakes news" concernant HiIlary Clinton. L'inventeur d'Internet appelle à "plus de transparence sur les algorithmes, pour comprendre comment des décisions importantes qui peuvent affecter nos vies sont prises et éventuellement d'un ensemble de règles communes à suivre".

■ L'apparition de la publicité politique ciblée
"La publicité politique ciblée permet à une même campagne de présenter des messages radicalement différents, voire contradictoires, à différents groupes de personnes", explique Tim Berners-Lee. Il prend pour exemple la campagne présidentielle américaine, où l'équipe de Donald Trump proposait jusqu'à 50.000 variantes de messages publicitaires sur Internet, selon le Guardian. L'inventeur d'Internet appelle à une réglementation des campagnes politiques.

Par Anaïs Cherif
latribune.fr/













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