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Le texte de la résolution 2351 du Conseil de sécurité sur le conflit du Sahara marocain, adoptée à l’unanimité vendredi 28 avril, reprend les principaux points du rapport du nouveau secrétaire général Antonio Guterres qui sortir de l’immobilisme et des positions ambigües de son prédécesseur pour créer une nouvelle dynamique de paix. Symbole de cette volonté est l’éviction de l’ancien émissaire spécial pour le Sahara, Christopher Ross, et son remplacement par une personnalité plus impartiale et crédible.

Le texte initial devait enjoindre aux bandes du Polisario de retirer «immédiatement et sans conditions» leurs éléments armés de la zone de Guerguerat où ils tentent de semer le désordre.

Quelques heures avant le vote de la résolution, l’Algérie a intimé l’ordre au Polisario de retirer ses bandes armées du no man’s land pour éviter une condamnation du Conseil de sécurité. C’est se moquer de la communauté internationale car les bandes séparatistes avaient été sommées depuis des semaines de se retirer. L’attitude du Polisario donc de l’Algérie montre que la partie algérienne est aux abois et a recours à des aventures dangereuses pour la sécurité régionale. En tout cas il faudra rester vigilant car il ne peut y avoir de progrès du processus de règlement du conflit si le Polisario continue ses provocations

On peut expliquer l’agitation algérienne par le fait que le Maroc ne cesse de marquer des points sur le plan diplomatique (Union africaine, Cuba) et l’Algérie est de plus en plus isolée, réduite à un dernier carré d’États totalitaires comme la Corée du Nord ou le Venezuela.

A beaucoup d’égard, la résolution de vendredi soir permet de constater que le Maroc marque des points.

Le Conseil de sécurité décide la prorogation du mandat de la Minurso pour une année supplémentaire, avec un mandat inchangé, conformément au souhait de Rabat.

La résolution exige un recensement exact des personnes qui vivent dans les camps de Tindouf, chose qu’Alger et le Polisario ont toujours refusé

L’autre élément important de la résolution porte sur la reprise du processus de négociations dans le cadre du «nouvel esprit» que le nouveau secrétaire général de l’ONU a décidé d’insuffler aux pourparlers.

La résolution salue les efforts « sérieux et crédibles » déployés par le Maroc « pour faire avancer le processus vers une résolution ». On notera que ces qualificatifs sont ceux employés par les puissances pour qualifier le plan marocain

Cela revient à remettre en exergue le plan d’autonomie proposé par le Maroc depuis 2007. Il faut bien admettre que ce plan est la seule solution pour mettre fin au conflit artificiel créé par l’Algérie et le bloc communiste dans les années 1970. Le plan marocain est d’ailleurs approuvé par les grandes puissances, notamment la France qui soutient le plan marocain. Le représentant de Paris au Conseil de sécurité, l’ambassadeur François Delattre a déclaré qu’il est temps « de regarder vers l'avenir et de relancer les négociations ».

Il faut donc être lucide, l’ONU doit maintenant promouvoir des négociations pour la mise en place du plan marocain d’autonomie pour mettre un terme à cette affaire.

En revanche, le réalisme dont parle M Gutteres aurait dû conduire à citer l’Algérie dans la résolution.

En effet, il est clair pour tout le monde que le séparatisme est une imposture. Les séparatistes ne sont qu’une poignée de pantins du régime algérien.

Certes, la résolution précise invite les pays voisins à « apporter une contribution importante » au processus de règlement du conflit. C’est un premier pas car il est clair que cette invitation concerne l’Algérie qui ne peut plus se dérober. Il serait temps de sortir de l’ambiguïté et de constater que l’affaire du Sahara marocain n’est évidemment pas un problème de décolonisation mais une question d’agression d’un pays (l’Algérie) contre son voisin (le Maroc).

Une chose est certaine, c’est que le Sahara marocain restera marocain et il est temps de mettre fin à un conflit artificiel créé et entretenu de toutes pièces par l’Algérie, un conflit qui ne fait que perturber la stabilité et la sécurité de la région.

Paris, 29 avril 2017

Charles Saint-Prot
Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris



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