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Des chercheurs américains ont simulé sur supercalculateur les échanges de gaz entre galaxies. Selon eux, jusqu'à 50% de la matière de la Voie Lactée viendrait en fait d'autres galaxies !

"Nous sommes des poussières d'étoiles", selon le bon mot d'Hubert Reeves. Et pour cause : les atomes qui nous constituent (dont les plus anciens remontent au Big Bang !) ont été formés au sein d'étoiles ou d'explosions desupernovae dans notre galaxie, la Voie Lactée. Mais pas seulement ! C'est ce que suggère une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, selon laquelle jusqu'à 50 % de la matière "ordinaire" constituant les galaxies pourrait provenir... d'autres galaxies. Un transfert de particules qui émaneraient des vents galactiques expulsés par les cousines de notre Voie Lactée, selon les simulations numériques réalisées par ces chercheurs.
Notre berceau est aussi en dehors de la voie Lactée

Conséquence logique pour notre planète : "Jusqu'à la moitié des atomes qui nous entourent, dans le Système Solaire, sur la Terre et en chacun de nous, ne vient pas de notre propre galaxie mais d'autres galaxies", a déclaré Claude-André Faucher-Giguère, du Weinberg College of Arts and Sciences et coauteur de l'étude. "La matière aurait été expulsée par un vent galactique puissant", poursuit Daniel Anglés-Alcázar de l'Université Northwestern aux États-Unis et coauteur de l'étude. 


Exemple de transfert de matière entre deux galaxies. / Crédits : Daniel Angles-Alcazar et al, Northwestern University

BIB BANG. "Cette étude modifie notre compréhension de la formation des galaxies après le Big Bang", affirme Claude-André Faucher-Giguère, qui considère que "nos origines sont beaucoup moins locales que ce que l'on pensait auparavant". "On peut même considérer que nous sommes des migrants intergalactiques", appuie Daniel Angles-Alcazar. Selon la théorie communément admise, après le Big Bang, il y a 14 milliards d'années, l'Univers était rempli d'un gaz uniforme composé d'éléments légers comme l'hydrogène et l'hélium. C'est ce qu'on appelle la nucléosynthèse primordiale. Des centaines de millions d'années plus tard, c'est ce gaz primordial qui s'est condensé pour former les étoiles et les galaxies.

Modéliser le cycle de vie des galaxies
Aux origines de cette hypothèse, des travaux de simulation numérique sur supercalculateur haute performance réalisés par ces chercheurs. Si les calculs avaient été réalisés sur un simple micro-ordinateur, ils auraient nécessité plusieurs millions d'heures de calcul ! L'objectif : comprendre les mécanisme de formation des galaxies, par accrétion de matière puis transfert de matière entre-elles tout au long de leur vie stellaire. On savait déjà que les supernovae (ces étoiles géantes lorsqu'elles explosent) expulsent des quantités de gaz considérables, contribuant à la formation d'éléments plus lourds dans les galaxies. Mais la modélisation a aussi permis de montrer que les projections propagent la matière d'une galaxie à l'autre, à travers les vents intergalactiques !

VIDE. Le transfert de matière d'une galaxie à l'autre est un phénomène nouveau pour les cosmologistes. Car les galaxies sont séparées par de vastes zones de vide incroyablement grandes : de l'ordre de plusieurs millions d'années-lumières. De ce fait, même si les vents galactiques sont expulsés à une vitesses de plusieurs centaines de kilomètres par seconde, le transfert n'est ainsi effectif qu'au bout de plusieurs milliards d'années. En suivant le ballet complexe des échanges spatiaux de matière grâce à leurs simulations, les chercheurs ont identifié des flux de gaz émanant de galaxies plus petites pour venir en alimenter de plus grandes telles la nôtre, là où ce gaz vient alimenter la formation de jeunes étoiles. Un processus qui continuerait de se produire aujourd'hui encore, et qui fabrique peut-être actuellement de nouveaux systèmes solaires semblables au nôtre...



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