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La cuve et le couvercle de la centrale nucléaire de nouvelle génération en construction dans la Manche ont été déclarés bons pour le service, en dépit de l'anomalie de leurs aciers. La décision du gendarme du nucléaire n'a pas suscité de commentaires politiques...

On est là pour interpeler le ministre. Il ne doit pas donner l'autorisation de démarrer l'EPR. L'EPR est dangereux". Yannick Rousselet, le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France, donne le ton, après que l'ONG a manifesté devant la centrale nucléaire de Flamanville, dans le nord-ouest de la France, le 28 juin 2017. Le ministre en question, c'est Nicolas Hulot, auquel Greenpeace demande de ne pas autoriser le démarrage du réacteur nucléaire, sur lequel des anomalies ont été détectées.

Des anomalies ? Il en a été question quelques heures plus tard pendant la conférence de presse de l'Autorité de sûreté nucléaire. A 16h, devant les journalistes, l'ASN a "présenté sa position et les orientations qu'elle envisage de retenir pour la cuve de l'EPR". Cette position, elle tient en une phrase, comme nous l'écrivions hier sur le site de Sciences et Avenir : feu vert définitif pour la cuve, temporaire pour le couvercle. Autrement dit l'EPR de Flamanville pourra bien démarrer avec sa cuve initiale, malgré ses anomalies, mais EDF devra changer son couvercle d'ici la fin 2024. Pour l'ASN, qui s'appuie sur 1700 essais, la résistance mécanique de la cuve et du couvercle sont suffisantes pour autoriser leur mise en service. A condition toutefois que des contrôles puissent être effectués.

EDF ne sait pas comment inspecter les couvercles des cuves des EPR...
L'inspection du fond de la cuve sera possible, au moyen de micro-robots, notamment. En revanche, EDF est actuellement incapable d'effectuer des contrôles similaires sur le couvercle en service pour vérifier qu'aucun défaut ne s'est installé dans le temps. Les couvercles conçus pour l'EPR sont en effet percés de 107 traversées (grappes de contrôle et instruments de mesure de la réactivité) qui empêchent leurs auscultations...

Si l'électricien s'est félicité de la décision de l'ASN, il ne désespère pas également d'éviter ce changement de couvercle. EDF a ainsi expliqué entendre "faire ses meilleurs efforts" pour développer une méthode de contrôle "sous deux ans" et revenir vers l'ASN "pour formuler une nouvelle demande quant au devenir du couvercle", a affirmé Laurent Thieffry, directeur du projet de Flamanville 3 chez EDF, lors d'une conférence téléphonique à laquelle participait Sciences et Avenir. Pour cela, l'expert français s'est dit prêt à faire un appel international à compétence, "sans idées préconçues : nous allons aller chercher des gens qui ont des start-up ou des idées, venant d'autres domaines industriels, quelque soit l'origine et le pays" (sic).

La réaction de Greenpeace ne s'est pas faite attendre : "C'est complètement irresponsable! Cela signifie que pendant six ans l'EPR fonctionnerait avec un couvercle défectueux et non contrôlé", s'est insurgé Yannick Rousselet, qui a assisté comme observateur à une partie des réunions des groupes d'experts convoqués par l'ASN. Du côté des politiques, la seule réaction notable est celle de l'éphémère candidat de EELV à l'élection présidentielle, Yannick Jadot, qui a commenté la décision de l'ASN sur Twitter.

Quant à Nicolas Hulot, il est sorti de son silence en fin de journée, également sur le réseau social. Mais c'était pour se féliciter de la nomination d'Audrey Pulvar à la tête de sa fondation.

sciencesetavenir.fr/




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