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La revue 60 Millions de consommateurs cible l'industrie agroalimentaire en dénonçant, dans un hors-série "les aliments qui empoisonnent". Trop de produits industriels contiennent des ingrédients nocifs. La revue dénonce les dérives d’une alimentation ultra-transformée à notre insu.

Malgré les jolis discours des grandes marques sur le « manger sain », nous n’en avons pas fini avec la malbouffe. Les aliments « ultratransformés » sont partout dans les rayons.

Pauvres en matières premières brutes (légumes, fruits, lait, viande…) mais riches en additifs, ils regorgent d’ingrédients à bas coût, dénaturés pour leurrer notre goût. Sel, sucre et graisses combinés stimulent les pics de glycémie, entraînant des réactions addictives.

Les ingrédients de 100 produits décryptés
Dans son nouveau hors-série Ces aliments qui nous empoisonnent, 60 Millions dévoile de nombreuses aberrations nutritionnelles à travers le décryptage des ingrédients de 100 denrées alimentaires. Les ingrédients qui fâchent sont souvent dissimulés derrière des allégations alléchantes. Prenons quelques exemples.

Alliées du petit-déjeuner ou bombes de sucre ?
De célèbres poudres chocolatées se présentent comme les meilleures alliées du petit-déjeuner. Nesquik affiche un logo « Opti-déj : fer, vitamine D, zinc ». La préparation a en effet été enrichie en vitamines. Même chose pour Super Poulain qui affiche quatre vitamines et deux minéraux.

Des arguments porteurs auprès des parents. Mais ne tombez pas dans le panneau du storytelling (récit marketing) ! Aucune mention ne spécifie « riche en sucre » alors que ces produits sont en réalité des bombes de sucre. Nesquik en contient 76 %, Super Poulain 86 % !

Seulement 0,4 % de légumes déshydratés
« La saveur légumes et sauce soja s’inspire d’une technique culinaire japonaise, le “kinpira”,peut-on lire sur le pot de nouilles instantanées Tanoshi. C’est une préparation de légumes d’automne croquants sautés et mijotés dans une sauce soja. »

Dans ce produit – qui, soit dit en passant, n’a rien de nippon –, il n’y a que 0,4 % de légumes déshydratés. Pour leur donner un semblant de saveur et de texture, pas moins de 12 additifs ont été incorporés.

Des yaourts riches en additifs
Même les yaourts ne sont pas épargnés par la colonisation des additifs. Pourtant, la réglementation française (contrairement à celle de l’Union européenne) est particulièrement sévère : pas d’additifs dans les yaourts.

Le décret du 30 décembre 1988 stipule que les yaourts « peuvent être additionnés des produits suivants : arômes ainsi que, dans la limite de 30 % en poids du produit fini, sucres et autres denrées alimentaires conférant une saveur spécifique ». Il s’agit d’une énumération « positive » : tout ce qui n’est pas mentionné est interdit. Les additifs n’étant pas des denrées, ils n’ont donc pas droit de cité.

Lit de fruits avec colorants et édulcorants
Mais l’industrie laitière a trouvé la parade en fabriquant ses propres règles. Elle s’arroge le droit d’incorporer colorants, édulcorants et « autres additifs » dans des mélanges ajoutés aux yaourts aux fruits. Nous avons ainsi trouvé jusqu’à 12 additifs dans des yaourts sur « lit de fruits ».

Mais les industriels prétendent ne pas ajouter d’additifs au yaourt lui-même, mais au mélange de fruits. Ce subterfuge dénature un produit supposé simple et bon pour la santé. Les consommateurs (et leurs papilles) sont bernés. Une dérive inadmissible.

Nourriture ultratransformée et risque de cancer
Dans une étude internationale publiée début 2018 dans le British Medical Journal, une association a été faite entre nourriture ultratransformée et risque de cancer. Cette étude s’appuie sur l’analyse à grande échelle des assiettes réelles des Français, grâce aux données fournies quotidiennement par 105000 volontaires au programme NutriNet, initié en 2009 par le Pr Serge Hercberg.

« Une augmentation de 10 % de la proportion d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10 % des risques de développer un cancer au global et un cancer du sein en particulier », précise l’Inserm, dont les chercheurs ont participé à l’étude. Des résultats qui doivent désormais être confirmés par d’autres investigations.




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