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Galileo, pur produit de la coopération européenne, a lancé ses derniers satellites et couvre ainsi toute la planète en permettant d’offrir un GPS indépendant du système américain et beaucoup plus précis.

Le système de géolocalisation 100% européen a mis près de 15 ans à aboutir, il a couté très cher (près de 10 milliards d’euros) mais il fonctionne.


Galileo fait parti de ces projets qui nous font désespérer de la capacité de l’Europe à mutualiser des moyens pour construire des outils capables de nous assurer une indépendance totale dans le développement de l’industrie digitale par rapport aux systèmes de géolocalisation américain (GPS : le plus utilisé actuellement) ou russe. Pendant plus de quinze ans, le projet a provoqué des crises à n’en plus finir entre les partenaires de l’Union, les institutions publiques et privées. Pendant plus de 15 ans, on a surtout pensé 10 fois que ça ne marcherait jamais. 

Or ça marche, Galileo est devenu opérationnel avec la mise en orbite des quatre derniers satellites.

Après ce lancement opéré à Kourou avec une fusée Ariane, il restera encore- c‘est vrai - 4 satellites à déployer jusqu'en 2021 pour arriver aux 30 de la constellation au complet (24 opérationnels et 6 de remplacement pour ce qui est de la première génération de satellites).

Mais ce programme est d’ores et déjà opérationnel et offre une précision de géolocalisation à un mètre alors que le GPS (américain) n’est précis qu‘à 10 mètres près. Galileo va donc être incontournable très rapidement dans tous les projet d’objets connectés et autonomes, notamment les voitures individuelles. D’autant que Galileo est techniquement compatible et donc interopérable avec les systèmes américain (GPS) et russe (Glosas). A noter aussi qu'il existe en gestation un projet chinois. 

Ce programme européen va rendre l’Europe indépendante dans ce domaine ultra stratégique. Les premiers services ont déjà commencé. Galileo avait déjà 100 millions d’utilisateurs en janvier 2018, mais compte tenu de cette constellation complétée et de ses qualités, les ingénieurs de l’agence spatiale européenne et de la Commission européenne estiment que la montée en charge va être très rapide avec 400 millions d’utilisateurs attendus dès la fin de 2018. 

Ce programme est très représentatif des difficultés qu’a l’Europe à se fédérer et à s’organiser, mais son importance est telle qu’il montre la direction dans laquelle l‘Europe devrait s’orienter à la vitesse grand V pour se construire un avenir indépendant dans le monde globalisé et dominé par les Etats-Unis et la Chine.

Initié en 1999, le programme Galileo a connu des débuts compliqués. Les retards se sont multipliés, les coûts ont augmenté, atteignant 10 milliards d'euros. Avec des conflits de compétences sans limite. C'est aujourd’hui la Commission européenne qui finance le programme, le dirige et a construit un système de partenariat entre le public pour 1/3 du budget, et des industriels privés pour les 2/3. Parmi eux, on retrouve Airbus group, Thales, l’anglais Incarnat, Alcatel, Finmeccanica (Italie), ADENA (Espagne) et Hispasat (Espagne). 

Mais si la conception de Galileo et son accouchement ont été tellement critiqués, l’actualité internationale, avec ces tensions entre les Etats-Unis et l'Europe, donnent raison à tous ceux ceux qui ont voulu, il y a vingt ans, rendre l'Europe indépendante du GPS américain. "L'actualité montre à quel point Galileo est une bonne idée", se félicite Jean-Yves Le Gall, président de l'agence spatiale française CNES. A ses yeux, "Galileo est en train de devenir un grand succès car sa précision est bien supérieure" à ses deux concurrents et il offre en plus la datation du signal. 

Ajoutons que le système est sous contrôle civil et pas militaire (comme le GPS us, russe et demain le chinois) ce qui est plutôt une garantie supérieure d’indépendance. 

C’est tellement vrai que le système Galileo est devenu un des sujets les plus chauds dans les discussions entre la Grande Bretagne et l’Europe pour trouver une issue au Brexit. S’il y a un domaine ou Theresa May demande expressément à rester branchée, c’est bien celui de la géolocalisation offerte par Galileo, notamment pour des raisons de sécurité.

Mais, ce qui est intéressant, c’est que le modèle Galileo offre une voix de coopération possible entre les Etats membres pour donner à l’Europe un contenu concret avec un fort potentiel. Un peu comme l’Europe de l’énergie dans les années 1950 et surtout le programme Airbus. Le marché est considérable. La plupart des constructeurs de smartphones (dont Apple ou Samsung) ont intégré à leur système l'utilisation de Galileo. Mais plus encore, les américains qui ont tout fait pour faire capoter le projet, commencent désormais à proposer des coopérations techniques et financières. Tout le monde sait bien que si l’avenir du transport individuel passe par la voiture autonome, les systèmes de pilotage auront besoin d’une puissance de calcul que les industriel du digital sont capables de fournir, mais cet avenir passe aussi par une précision ultra fine des localisations que les systèmes existants ne garantissaient pas. 





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