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Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, était de passage à Paris cette semaine et il a donné une leçon de business lors de son intervention au salon VivaTech ce jeudi 16 mai 2019. 

Au cours d'une discussion de 45 min avec Maurice Lévy, le président du conseil de surveillance de Publicis, Jack Ma a encouragé les entrepreneurs à "penser au futur". "J’ai passé mon temps à penser au futur et à écouter les plaintes", a rajouté le patron. Pour Jack Ma, c'est le refus qui fait avancer un entrepreneur. Pour lui, quand tout le monde vous dit non, c'est une chance pour réussir. 


Créé en 1999 avec 18 personnes, et alors qu'internet était balbutiant en Chine, Alibaba est aujourd'hui un groupe d'e-commerce qui envisage de réaliser 65 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2020 contre 40 milliards de dollars en 2017. La clé de la réussite de l'entreprise résiderait dans l'attention portée à l'équipe et aux clients. "Il y a deux groupes que vous devez convaincre : votre équipe et vos clients. Ne perdez pas temps avec les investisseurs. Ne croyez pas les investisseurs de long terme : quand vous serez en difficulté ils vendront aussi vite !". Face à une audience acquise à sa cause, Jack Ma a enjoint "les gens à regarder le futur, à l'embrasser avec confiance".


Construire une bonne équipe
C'est d'ailleurs ce qui nous différencie des robots selon lui : "La différence entre l'intelligence artificielle et les humains : les machines n'auront jamais de rêves, nous en avons. (...) On a besoin de rêver plus grand". Et il a donné son exemple personnel pour appuyer son propos : "Quand on a débuté l’aventure Alibaba, on était persuadé qu’internet allait changer le monde". Interrogé sur ce dont il est le plus fier, l'entrepreneur a évoqué "tous les problèmes résolus", racontant qu'il y a dix ans, des investisseurs doutaient de sa capacité à faire grandir l'entreprise. "On a fait tellement d'erreurs, croyez le ou non. Mais on s'est toujours dit qu'on aurait du succès si on arrivait à gérer chaque crise."

Pour y parvenir, Jack Ma a insisté sur la patience et la nécessité de construire une bonne équipe avec laquelle il faut "partager sa vision". "Et si l'un de vos employés est meilleur que vous, suivez-le !".

Jack Ma est inquiet pour l'Europe
Jack Ma a insisté plusieurs fois sur cette thématique du rêve alors qu'il s'est dit "inquiet pour l'Europe". "Je m'inquiète des soucis de l'Europe. L'Afrique ne s'inquiète pas. L'Asie ne s'inquiète pas. Qu'est-ce qui les inquiète ?" s'est demandé le milliardaire avant de développer sa pensée. Selon lui, l'Europe a trop de règles et de lois qui contraignent l'innovation des entreprises et entretiennent un sentiment de peur vis-à-vis de la technologie, à l'instar de l'intelligence artificielle.

"Tout ce qu'ils (ndlr, les élus européens) font est rempli de règles et de lois", a-t-il déclaré. "Et dès qu'ils pensent, ils commencent à s'inquiéter. Quand ils s'inquiètent, ils font des règles et des lois." Invité à comparer les mentalités chinoise et européenne, Jack Ma a dit que face aux problèmes, les entrepreneurs chinois "commencent à les résoudre, puis ils réfléchissent aux règles et aux lois".

Ces dernières années, l'Europe est devenu l'acteur majeur en termes de réglementation des entreprises de la tech, à l'instar du règlement européen sur la protection des données (RGPD) ou des nombreuses sanctions de la commissaire à la concurrence contre Apple, Facebook et Google. L'exécutif européen a également récemment publié des lignes directrices sur l'éthique dans l'intelligence artificielle (IA). 

A ce sujet, Jack Ma a insinué qu'il ne fallait pas avoir peur outre-mesure, prenant l'exemple d'Alibaba qui utilise l'intelligence artificielle pour contrer les tentatives de cyberattaques. "Si vous pensez que la révolution technologique est un problème, je suis désolé de dire que le problème ne fait que commencer", a-t-il ajouté. "Si vous pensez que c'est une opportunité, l'opportunité ne fait que commencer. La seule chose, c'est votre mentalité. Si la mentalité est maintenant un souci, vous vous inquiéterez tout le temps."

Jack Ma a confirmé qu'il passerait la main pour ses 55 ans, le 15 septembre prochain, à Daniel Zhang. Il a dit qu'il se consacrera à l'éducation — il était professeur d'anglais jusqu'en 1999 — et à la transmission de ses savoirs auprès d'entrepreneurs. "Quand j'ai commencé Alibaba, je savais que je ne voulais pas faire ça toute ma vie, je voulais retourner à l'enseignement."


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