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… La Chine fait la différence, elle ne sera pas contenue par la guerre commerciale. Quatre événements majeurs en escadrille, dont un à venir cette semaine. La perception de la situation par le président Xi – plus puissant que Mao, mais beaucoup moins charismatique – à propos de la Chine, est que celle-ci ne se dérobera pas à son destin. 

Toute idée selon laquelle la Chine céderait aux exigences de Donald Trump dans les négociations commerciales de l’année écoulée – eh oui, c’est une année avec onze réunions, en face à face, des plus hauts responsables des deux côtés, un peu plus qu’entre les présidents de chaque équipe – est une idée erronée à deux niveaux. 

Le président Xi comprend que Trump le préparait selon l’Art de boucler une affaire 

Trump gagne en changeant de pied, en exigeant, en insistant pour emporter n’importe quel contrat qu’il négocie. Le Donald prend toujours la chair avec le sang [allusion à Shylock, NdT]. Et il ne s’éloigne parfois que s’il a obtenu l’os avec la chair. C’est du business [comme dans l’immobilier]. Mais rien dans le développement de l’immobilier n’est indispensable. La gestion de l’économie américaine au sein de l’économie mondiale interconnectée est une affaire complètement différente. 

Trump espère être gagnant en contraignant la Chine à se maîtriser elle-même économiquement. Si l’accord apporté par celui-là sur la table, que les Chinois venaient de refuser, avait été accepté par le président Xi, le Politburo de Zhongnanhai aurait démis Xi du pouvoir. Le pouvoir de Xi est illimité dans le temps. Il est là pour la vie. Mais c’est un système qui laisse le Disjoncteur de la sagesse et des Fondements idéologiques entre les mains du Politburo. 

Le moment est venu d’analyser l’accord à partir d’une vue panoramique à 360°. Quelles seraient les conséquences sur la situation intérieure de la Chine, entre les partenaires commerciaux de la Chine – États-Unis, Union européenne, Asie – et que resterait-il des chaînes d’approvisionnement nécessaires au développement de la Chine ? 

Les demandes des Américains ont touché le centre névralgique du pouvoir du Parti communiste chinois en voulant diriger la République populaire de Chine. Ils ont exigé que soient écrites – dictées par les États-Unis dans l’accord – des lois qui auraient entraîné automatiquement des sanctions pour tout dérapage de la part de la Chine. Ces lois agiraient de la même manière que lorsque les États-Unis dictaient aux administrations d’Eltsine-Gorbatchev leur comportement sur l’économie et la société russe. Ces conseils américains en Russie ont paralysé le développement national, provoqué le pillage de la richesse par les oligarques et mis en place une pléthore d’ONG qui ont déchiqueté les secteurs éducatif et scientifique de la Russie. Ils ont ainsi ménagé du temps et de l’espace aux libéraux pour partager le pouvoir et fonctionner comme une cinquième colonne, en grande partie par le biais des médias, qui a poussé les masses à rêver de splendeur européenne, de liberté des États-Unis et de démocratie, tout en se droguant avec de l’alcool et des opiacés, entraînant la morbidité et l’hébétement de la main-d’œuvre nationale. 

Les Chinois ont vu leur société replonger dans l’hébétude – voir les guerres de l’opium au 19° siècle – à cause d’une nouvelle apparition aujourd’hui de la culture de l’opium et de la corruption qui a annulé tous les efforts de la dernière décennie. Ils ont appris durement, pendant ces trois dernières décennies, de la chute de l’URSS. Ils comprennent comment la « déconstruction » a été conçue. Les Chinois apprennent vite. Ils jouent au jeu de Go, un jeu de stratégie. Bien plus complexe que les échecs, maîtrisé par quelques-uns, mais influencé par la durée et la concentration. Lorsque les Chinois bougent, il y a beaucoup de mouvements à venir avant que vos pions sur le terrain de jeu ne soient soudainement encerclés ou piégés sur les bords. Blanc ou noir, les Chinois comprennent la stratégie. 

L’accord sur la table était un piège pour Xi, pour le Parti communiste chinois et pour la Chine en tant que puissance montante. 

Après avoir évalué l’accord commercial comme une pilule empoisonnée, le Politburo, ci-dessous, 


a demandé au Comité permanent et au président Xi, ci-dessous, 


l’étude d’un plan de vie à long terme sans les États-Unis... 

La Chine se séparerait du Système international, démantelé par Trump, et changé en un système fondé sur des règles venant de Washington et destinées au monde entier. Trump n’a pas commencé cela. Il l’a mené à son terme. C’est l’hégémonie de la gouvernance unipolaire. Une transaction ultime dans laquelle Trump n’aurait jamais pu imaginer jouer un rôle. Il établit toutes les règles et gagne toujours. C’est pourquoi il a abandonné l’essence de MAGA, mais utilise encore le slogan. Rendre l’Amérique grande à nouveau est absurde si l’Amérique est au sommet du pouvoir et tous les autres pays des pions. Le système féodal ultime, une structure de pouvoir verticale comme les tours Trump. Mais c’est plus grand, immense, plus qu’un gratte-ciel ne pourrait jamais l’être. Le pouvoir unipolaire est allé très loin. Son empreinte sur Terre est globale, terrestre ou maritime. La base de l’Empire est la Terre elle-même, contrôlée depuis Washington. Pour toujours. 

Les Chinois ont compris qu’ils étaient les seuls à pouvoir enrayer cette fatalité. 

Ils ont laissé les négociations reprendre, mais le plan mis sur la table a été rejeté. Il ne sera pas relancé. 


Les Chinois ont produit un livre blanc au niveau du Conseil d’État. 

Le livre blanc retrace l’histoire des efforts et ce qui s’est réellement passé, au cours de la dernière année, en ce qui concerne la tactique de Trump. Tout au long des négociations, il y a eu des «frappes de missiles» sous forme de sanctions et de droits de douane, ainsi que des actions légales contre Huawei et ZTE. En même temps que ces frappes, l’armée américaine a tenté de séparer Taiwan de la Chine, mis en place une législation renforçant les relations américano-taïwanaises, de nouveaux grands contrats de vente d’armes allant bien au-delà des lignes rouges établies par Pékin, ainsi qu’une machine de propagande dans la presse mondiale, les médias diabolisant la Chine en tant que culture prédatrice dirigée par des auteurs qui violent les droits de l’homme en enfermant des millions de Ouïghours dans des « camps de concentration », contrôlant impitoyablement le Tibet et menaçant le commerce maritime par la construction d’îles dans la mer de Chine méridionale et pillant le gaz, le pétrole des autres nations, tout en vidant la mer de ses poissons. Seul un bon voisin – à 12 000 km -, l’Oncle Sam, peut sauver la vie des pauvres peuples d’Asie. 

Ainsi, les navires de guerre de la marine américaine franchissent régulièrement la limite des 12 miles, provoquant une riposte des navires de l’Armée populaire chinoise, ou peut-être un crash de navires de pêche avec les bateaux de l’US Navy. Enfin, tout ce que l’US Navy peut imaginer pour trouver un prétexte à diaboliser, une fois pour toutes, les Chinois. 

Tel est le contexte géopolitique du statut actuel des négociations commerciales. 

La Chine a maintenant établi les règles qu’elle exige. Trump ne les aimera pas. Navarro et les faucons ainsi que les sinophobes adorent l’idée que la Chine refuse de se soumettre. Ils peuvent accéder à la panoplie d’outils de déstabilisation et entamer le dernier effort pour détruire la croissance de la Chine, disloquer son économie, briser l’élan des Routes de la soie maritime et terrestre, et la route de la soie polaire, et faire un paria du Péril jaune en tenue Mao. 

Le livre blanc est paru durant le week-end qui a suivi un discours chinois au parfum militaire lors du dialogue Shangri-La à Singapour. Lors de cet événement, qui traitait des questions militaires et de défense communes des pays de l’ASEAN et de la Chine, l’un des membres du Conseil d’État, qui se trouve être le ministre de la Défense nationale de la RPC, le général Wei Fenghe, a prononcé un discours axé sur la position de la Chine dans la zone mer de Chine méridionale. 


La conférence du dialogue Shangri-La se concentre sur la coopération internationale en matière de sécurité. Le général Wei avait précédé son discours samedi d’une rencontre en face à face avec le secrétaire américain à la Défense par intérim, Patrick Shanahan.

L’approbation de la candidature de Shanahan a été retardée par le Sénat alors qu’il tentait de faire face à ses conflits d’intérêts impliquant Boeing, d’où il vient et auquel il serait toujours lié. Nous entendons à nouveau le terme «récusé» pour tous ces conflits d’intérêts. 

Le général Wei a livré en personne à Shanahan les règles de comportement claires sur lesquelles la Chine insiste pour le passage des navires de guerre américains dans les zones de la mer de Chine méridionale, du détroit de Taiwan et de la mer de Chine orientale telles que définies par la Chine. Mais il a proposé plus de contact et de communication entre les militaires pour désamorcer la situation. Shanahan a réagi en l’insultant, ce que tout bon sinophobe est censé faire, accusant la Chine de militariser la mer de Chine méridionale et d’être un mauvais voisin qui s’empare de territoires d’autres pays. 

Puis vint le discours du général chinois à la conférence de Singapour. 

En attendant, à Beijing, le plan de découplage a commencé. FedEx fera l’objet d’une enquête pour ne pas avoir expédié certains colis de documents chinois dans le monde. On dirait que FedEx a obéi à certaines « suggestions » de la CIA ou du département d’État, mais Fedex s’excuse depuis auprès des Chinois pour « l’erreur » de ne pas avoir expédié les colis. 

Ainsi, il existe maintenant, comme au Trésor américain et au ministère de la Justice, une liste noire des sociétés et des particuliers américains établis à Beijing. Les droits de douane en réponse à ceux de Trump sont en place en Chine. La guerre commerciale est engagée, par les États-Unis pour se dégager de la Chine, et par la Chine pour se séparer des États-Unis. La tâche de la Chine est monumentale. Ils auraient besoin de trouver au moins 350 milliards de dollars sur de nouveaux marchés. Et ils doivent retenir autant que possible la chaîne logistique en Chine, ou gérée par la Chine dans d’autres pays – comme le Vietnam, où de nombreuses sociétés à participation chinoise existent déjà. 

Dans le même temps, le Politburo a clairement indiqué que la guerre sera une option si Taïwan tentait de se séparer de la RPC. Indépendamment de ce que le Sénat et l’armée des États-Unis font à Taiwan, pour Taiwan, ou avec Taiwan et l’alliance américaine des pays indo-pacifiques, regroupés à la hâte pour devenir l’OTAN du Pacifique, la Chine se battra et prendra le contrôle de Taiwan. Cette politique n’est pas du bluff. Taïwan succombera à l’APL si elle ose officiellement se séparer. Ligne rouge en gros traits gras. 

Bien que la Chine reconnaisse les États-Unis comme une nation de l’Asie-Pacifique, elle les désigne clairement comme des intrus non asiatiques et non voisins s’introduisant dans les eaux et les terres du Sud-Est, de l’Est et du Nord-Est de l’Asie. Elle voit les États-Unis comme un envahisseur militaire. Elle distingue le droit à la liberté de navigation de la règle d’hégémonie qui, selon les États-Unis, est son devoir envers l’Asie. 

La Chine construit actuellement une armée suffisamment nombreuse pour faire face à 60 ou 70% des moyens militaires américains destinés à Beijing. Bien que la Chine soit une puissance nucléaire, elle construit une marine qui va contrer les navires américains un par un. Mais ses porte-avions ne seront pas à parité des États-Unis avant des décennies. La nécessité n’est en aucun cas de se mettre à niveau pour ces navires. Les îles de la mer de Chine méridionale agissent, au besoin, comme des porte-avions immobiles. Ce que les Chinois possèdent, c’est la capacité des missiles anti-navires depuis 2010, année de la démonstration du DF-21. Un seul missile peut détruire un porte-avions. Cela a vraiment changé le potentiel de la guerre navale. La Russie a des capacités similaires et l’Iran aussi. Et on pourrait penser que les missiles à courte portée de Pyongyang ont le même potentiel. Par conséquent, naviguer avec de si grandes cibles à portée de la Chine, de la Russie ou de la Corée du Nord, qui peuvent les détruire si facilement avec un seul missile semble irresponsable. Mais la marine américaine est profondément convaincue que les eaux qui touchent les nations asiatiques sont la propriété des États-Unis et elle est déterminée à faire valoir cette conviction. La règle de l’hégémonie est un puissant élixir. 

Deux autres événements accompagnent les efforts chinois du Livre blanc et du discours du général. Début mai, a eu lieu un grand événement géo-culturel, la Conférence sur le dialogue des civilisations asiatiques. 

Lisez la transcription de la conférence de presse et comprenez comment la Chine et le président Xi communiquent sur le fondement philosophique de la BRI [Les Routes de la Soie]. 

La connexion entre toutes les civilisations et cultures du monde constitue le stimulant historique du développement. Certains ont oublié cela. Les livres d’histoire ne relatent pas souvent ce phénomène. Nous savons que la route de la soie était une affaire de commerce. Nous savons que les Phéniciens ont navigué en Méditerranée pour le commerce. Mais nous regardons au-delà des processus d’intégration lorsque les civilisations se lient. C’est souvent la plus subtile des transformations, mais des liens profonds et durables s’établissent. D’habitude, chacun influence l’autre. 

Se déroulant à Beijing, elle s’est présentée comme une petite exposition universelle, une exposition asiatique sur le développement et les capacités de la civilisation ancienne et actuelle. L’Occident n’a pas un tel événement. Principalement parce que la civilisation occidentale est morte. Elle ne fait plus que se décomposer, comme un cadavre laissé à la température ambiante. 

Mais l’Asie est jeune, aussi jeune aujourd’hui, et ancienne, aussi ancienne que toute civilisation sur la Terre. Plusieurs civilisations asiatiques sont des continuums d’autrefois à aujourd’hui. Et la plupart ont des aspects intégrés en Chine. Certains ont intégré des éléments chinois dans la culture de leur nation. Ainsi, l’exposition et le dialogue étaient la manifestation d’une réalité déjà découplée de l’Occident. En fait, à l’extérieur de Beijing, aux rivages du pays, rôdait le non-voisin, incitant à la guerre. Après tout, qu’est-ce que l’hégémon peut apporter d’autre [que la guerre] ? Sa propre civilisation est morte et disparue. Il ne cherche rien à construire d’utile en Asie. Il exige la soumission. Il écrit les règles du jeu auquel il veut jouer. Le jeu de Go est parti. Obey est le nouveau jeu. Vous n’avez même pas de pions à poser sur le terrain de jeu. Votre sac est vide. Seul l’hégémon bouge. Tous les pions sont à lui. 

Et ce que l’exposition et le dialogue mettent en évidence chez des dizaines de milliers de participants, c’est l’harmonie et la coopération des civilisations historiques et actuelles qui englobent les peuples asiatiques. Art, religion, inventions, musique, horticulture, langues témoignent de la beauté symphonique de l’humanité, diverse et intégrée. Prise de conscience de ce qui est commun et de ce qui est unique. Surtout, l’idée que Dieu et la Nature sont universels et nécessaires. L’idéologie et la politique disparaissent lorsque la civilisation est l’inspiration. 

Enfin, la semaine prochaine, à Saint-Pétersbourg, le président Xi sera l’invité d’honneur du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF). Il présente 30 accords commerciaux prêts à être signés entre les partenaires commerciaux, la Chine et la Russie, la Double Hélice [source de la vie et du développement]. 


La délégation chinoise sera composée d’un millier de fonctionnaires et d’hommes d’affaires. Le président Xi apporte également une liste des nouvelles responsabilités de la Russie en matière d’assistance à la Chine alors qu’elle dissocie et accélère l’intégration eurasienne entre la BRI et l’UEE. Ce point sera suivi lors de la réunion au sommet de l’OCS à Bichkek, au Kirghizistan, les 13 et 14 juin. 

La Chine doit faire bouger les choses économiquement et militairement. Les États-Unis ont transporté 5.000 combattants ISIS-Al Qaida dans les régions frontalières de la Russie et de la Chine, au Tadjikistan et en Ouzbékistan. Bientôt, quel que soit le nombre d’Ouïghours pouvant survivre à la liquidation d’Idlib après les opérations syriennes et russes, ce groupe sera transféré en Afghanistan, à la frontière avec le Xinjiang et le Pakistan. Il est clair que les États-Unis ne cesseront jamais de mettre en place leurs capacités opérationnelles en Afghanistan et pourront ainsi titiller la Chine, le Pakistan, l’Iran, la Russie, l’Asie centrale et du Sud. Ces questions doivent être traitées par les opérations anti-terroristes de l’OCS. L’entraînement a duré des années et les exercices sont plus fréquents. Il faut maintenant agir. De toute évidence, les commandants russes établiront les plans opérationnels. Comment les forces seront mélangés doit être déterminé. Mais la Chine joue sa peau et partagera le fardeau des bottes sur le terrain, ainsi que des avions et des missiles dans les airs. 

La guerre est revenue en Asie. La guerre commerciale précipite la guerre militaire. La guerre hybride se prépare à ramollir les forces internes des pays ciblés. La Chine, à l’instar de la Russie, est désormais soumise aux trois formes de guerre. Pour éviter toute calamité, les Chinois organisent une retraite stratégique de découplage des États-Unis et de l’Ouest. Comme le repli stratégique de Mao avec la Longue Marche en 1934, le Président Xi mène la croisade morale du repositionnement patriotique. Son rêve de développement eurasien doit se réaliser plus rapidement. Il ne peut s’agir de vingt-cinq à trente ans, qui culmineront en 2049, année du centenaire de la création de la Chine nouvelle par le PCC, la RPC. La BRI doit relier toute l’Eurasie à l’Europe, à l’Afrique et à certaines régions d’Amérique latine. Le but est le même, la chronologie est raccourcie. 

Le président Xi doit maintenir la croissance de son économie à plus de 6%, trouver de nouveaux marchés, empêcher un affrontement militaire direct avec les États-Unis et maintenir Taiwan au statut de la Chine unique, maintenir la stabilité de la société, lutter contre la guerre hybride et le sinistre péril jaune de la sinophobie, établir de nouvelles relations de confiance avec les nations craignant un hégémon asiatique. Qui de mieux pour le conseiller et l’assister que le président Poutine ? Il est passé par cette étape et a mis en œuvre des techniques magistrales pour maintenir la Russie hors de la folie et capturer l’esprit et le cœur d’autres peuples des régions du monde. La Russie inspire malgré la guerre hybride destructrice à laquelle elle est confrontée. La civilisation compte, je suis sûr que Poutine le lui dira. Restez fidèle à vos valeurs en tant que civilisation et le reste du monde vous admirera. Exercez votre autorité dans la légalité absolue, avec des consultations et un consentement mutuels, et vous réussirez. 


La visite à Saint-Pétersbourg donnera lieu à des discours publics et à des actions dont il faudra rendre compte – et à une stratégie très privée en face à face entre Xi et Poutine. Nous lirons dans le marc de café quand elle sera finie. Mais nous savons où va la Chine. Son plan B est le découplage. Une partie de cela provient du côté américain, des entreprises qui partent, poussées à le faire, tentées de rejoindre d’autres économies à faible coût de main-d’œuvre qui veulent se soustraire aux restrictions tarifaires et commerciales imposées maintenant par les deux côtés. 

Nous assistons à plus qu’un Choc des civilisations. Nous assistons à la mort d’un État-nation dominant, qui s’est désintégré dans le libéralisme et la dépendance des entreprises à l’égard de la guerre et de l’action militaire sans fin. La corruption de Washington a entraîné le gaspillage de dizaines de milliers de milliards de dollars, une dette massive, une croissance artificielle portée par les manipulations financières, et un mépris total de toutes les valeurs traditionnelles qui ont autrefois inspiré le monde. Les États-Unis se sont égarés et brutalisent maintenant tout le monde, ennemi, ami ou spectateur. Tout le monde est une menace pour cet intimidateur. Et tout le monde peut être utilisé comme mercenaire, afin que l’intimidateur, lui-même, ne saigne pas trop. 

Les États-Unis mourants entraînent les Européens corrompus. Comme pour une pandémie, sa pourriture contaminera à mort tous ses proches. Cette grande tragédie n’a pas de précédent. Les empires meurent. Les hégémons chancellent et s’effondrent comme les statues déboulonnées pendant les révolutions. Mais une nation dominante, qui commet tous les péchés cardinaux, n’a pas d’avenir, sauf un miracle. Énumérez les péchés qui sont devenus des vices meurtriers. Orgueil, Cupidité, Luxure, Envie, Gourmandise, Colère, Paresse. Nous le voyons tous les jours chez nos dirigeants, nos institutions, nos gestionnaires, nos prédicateurs, nos doubles tragiques, nos enfants. L’Amérique est devenue un cas désespéré. La moitié est partie. Dans dix ans, elle aura besoin de soins palliatifs. Quelle partie du monde va-t-elle infecter avant de cesser d’influencer au-delà de ses propres frontières ? 

Quoi qu’il arrive aux États-Unis, la Chine a choisi de revenir à l’essentiel. Si, d’une manière ou d’une autre, les dirigeants américains sortent de leur mentalité, modifient leurs motivations et se voient comme la partie d’un tout plutôt que comme un tout puissant, ils rencontreront alors la Chine, la Russie, l’Eurasie et le reste de l’humanité qui s’est unie pour un nouveau monde sur une planète verte avec des mers bleues et une philosophie de la vie au lieu d’une idéologie de la mort. 

La Chine doit diriger si elle peut, aider qui elle peut, rester fidèle à ses valeurs, rivaliser avec ses concurrents, enchanter ses visiteurs, promouvoir les jeunes de partout, assister les personnes âgées partout où elles peuvent avoir besoin d’aide, et sourire car elles ont trouvé un chemin qui ne nuit à personne. Jamais dans l’histoire du monde un pays riche n’a offert ses richesses pour aider les pauvres et ceux qui ont faim à se développer, tout en installant un système qui élève ses propres centaines de millions de pauvres en zones rurales et urbaines à un niveau de vie décent. La Chine est en avance sur son temps. Tant qu’elle peut encore inspirer, elle a choisi de le faire. Certains voient une connivence derrière cette entreprise. D’autres voient la civilisation derrière la nation. C’est un riche amalgame hétérogène de peuples. Tous les gens sont donc frères et sœurs et pas nécessairement camarades. Juste la famille. 

Quitter la morgue nord-américaine et sentir l’air frais asiatique qui souffle sur les mers du Pacifique et entre les îles a changé les perspectives à Beijing. « Sois fidèle à toi-même. Par-dessus tout. » Shakespeare l’a écrit en grand, et la Chine l’a entendu. 

Larchmonter445 


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