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Le monde est en fait plus vert qu’il y a vingt ans, et les données des satellites de la NASA ont révélé la raison contre-intuitive d’une grande partie de ce gain de couverture végétale. Une nouvelle étude montre que la Chine et l’Inde, les pays les plus peuplés du monde, sont à l’avant-garde de la revégétalisation des terres. L’effet provient principalement de programmes ambitieux de plantation d’arbres en Chine et de l’agriculture intensive dans les deux pays. 

Ranga Myneni et ses collègues de l’Université de Boston ont d’abord détecté le phénomène de verdissement dans les données satellitaires du milieu des années 1990, mais ils ne savaient pas si l’activité humaine était une cause déterminante. Ils ont ensuite entrepris de suivre la superficie totale de la Terre couverte par la végétation et la façon dont elle évoluait au fil du temps. 

L’équipe de chercheurs a constaté que la superficie végétale dans le monde a augmenté de 5% depuis le début des années 2000, une superficie équivalente à toute la forêt tropicale amazonienne. Au moins 25% de ce gain a eu lieu en Chine. Et dans l’ensemble, un tiers des terres végétalisées de la Terre sont verdissantes, tandis que 5% sont de plus en plus brunes. L’étude a été publiée le 11 février 2019 dans la revue Nature Sustainability. 

Les cartes sur cette page montrent l’augmentation ou la diminution de la végétation, mesurée en superficie moyenne de couverture végétale par année, dans différentes régions du monde entre 2000 et 2017. Il faut noter que les cartes ne mesurent pas la couverture végétale globale, ce qui explique pourquoi l’Amazonie et l’est de l’Amérique du Nord ne se distinguent pas, entre autres régions boisées. 


« La Chine et l’Inde représentent le tiers du verdissement, mais ne constituent que 9% de la superficie terrestre de la planète couverte de végétation », a déclaré l’auteur principal, Chi Chen, de l’Université de Boston. « C’est une constatation surprenante, compte tenu de l’idée communément admise de dégradation des terres dans les pays peuplés, en raison de leur surexploitation. » 


Cette étude a été rendue possible grâce à l’enregistrement de données sur deux décennies provenant des instruments du Spectroradiomètre d’imagerie à résolution modérée (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer, MODIS) des satellites Terra et Aqua de la NASA. Un avantage des MODIS est la couverture intensive qu’ils fournissent dans l’espace et le temps : les capteurs ont capturé jusqu’à quatre clichés de presque chaque endroit sur Terre, chaque jour, depuis 20 ans. 

« Ces données à long terme nous permettent d’approfondir », déclare Rama Nemani, chercheur scientifique au Centre de recherche Ames de la NASA et co-auteur de l’étude. 

« Lorsque le verdissement de la Terre a été observé pour la première fois, nous pensions que c’était dû à un climat plus chaud et plus humide et à la fertilisation par l’ajout de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Maintenant, avec les données de MODIS, nous voyons que les humains y contribuent aussi. » 

La contribution hors normes de la Chine à la tendance mondiale au verdissement provient en grande partie de ses programmes de conservation et d’expansion des forêts (environ 42% de la contribution au verdissement). Ces programmes ont été élaborés dans le but de réduire les effets de l’érosion des sols, de la pollution atmosphérique et du changement climatique. 

De plus, 32% du verdissement en Chine, et 82% en Inde proviennent de la culture intensive de cultures vivrières. La superficie utilisée pour la culture dans les deux pays n’a pas beaucoup changé depuis le début des années 2000. Pourtant, ils ont considérablement augmenté à la fois leur superficie totale annuelle de couverture végétale et leur production alimentaire afin de nourrir leurs larges populations. La revégétalisation a été réalisée grâce à de multiples pratiques agricoles, par lesquelles un champ est replanté pour produire une autre récolte plusieurs fois par an. Ainsi la production de céréales, de légumes, de fruits et plus a augmenté de 35 à 40% depuis 2000.



La façon dont la tendance à la revégétalisation pourrait évoluer dépend de nombreux facteurs. Par exemple, l’augmentation de la production alimentaire en Inde est facilitée par l’irrigation des eaux souterraines. Si les nappes phréatiques s’épuisent, cette tendance peut changer. Les chercheurs ont également souligné que le gain de couverture végétale à l’échelle mondiale ne compense pas nécessairement la perte de végétation naturelle dans des régions tropicales comme le Brésil et l’Indonésie. Il y a des conséquences sur la durabilité et la biodiversité dans ces écosystèmes, au-delà du simple verdissement des paysages. 

Mais M. Nemani voit un message positif dans les nouvelles conclusions : « Une fois que les gens comprennent qu’il y a un problème, ils ont tendance à le régler », dit-il. « Dans les années 1970 et 1980, en Inde et en Chine, la situation, concernant la perte de végétation, n’était pas bonne. Dans les années 1990, les gens en ont pris conscience et aujourd’hui, les choses se sont améliorées. Les humains sont incroyablement résilients. C’est ce que nous voyons dans ces données satellite. » 

Abby Tabor 


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