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Luigi di Maio, vice-Premier ministre italien, avait accusé la France, en janvier 2019, comme pays toujours colonialiste qui appauvrit l'Afrique. Si la France ne décolonise pas des dizaines de pays pour lesquels, elle imprime elle-même des francs CFA, alors nous continuerons à avoir une Afrique pauvre et une Europe hypocrite. 
"L'Europe est en train de comprendre petit à petit comment la France puise sa puissance et sa richesse en Afrique", indique Semevo Amadidje, analyste financier béninois "Si la France permettait aux dirigeants africains d'installer des entreprises, de résoudre des problèmes de chômage, on n'aurait pas des migrants vers la Méditerranée.", poursuit-il. 
Le pillage de l’Afrique consiste à dépouiller le continent de ses biens de manière violente et destructive, notamment des richesses de son sous-sol, au détriment de la loi et des droits de propriété. Depuis la conquête de l’Afrique et durant la colonisation, beaucoup de richesses ont quitté le territoire africain. Depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui ce fléau persiste. 

L’Afrique est riche en ressources qui sont des éléments vitaux pour le développement de l’économie des pays sous-développés. Cependant, elle subit le pillage de certaines multinationales étrangères qui, en toute impunité, cherchent par tous les moyens à s’accaparer les terres, les gisements de minerais, les sources d’énergie et de matières premières, etc. Comme les États africains n’ont pas mis en place de politiques efficaces pour protéger le principe de concurrence saine, les multinationales usent souvent de leur pouvoir et leurs connexions afin d’évincer leurs concurrents locaux. 

Ce copinage conduit souvent à des situations de monopole, ou du moins des positions dominantes sur les différents marchés africains. Les marchés non réglementés constituent le véhicule privilégié d’extorsions tant financières que sociales. Pour exemple, l’absence de lois antitrust conjuguée à une protection anémique des consommateurs des pays africains, aboutit à ce que seules deux ou trois grandes sociétés dominent les marchés de denrées comme le sel, le sucre, le lait, la farine, l’huile et le thé. 

De même, ces multinationales contrôlent des ressources naturelles précieuses, notamment dans les pays où il existe de graves conflits. Selon la commission d’enquête mandatée par les Nations Unies, les multinationales jouent un rôle dans les conflits armés en Afrique en général et en RDC en particulier : elles soutiennent des groupes armés et profitent de la situation de guerre pour accéder aux matières premières à vil prix par les contrats léonins par lesquels tous les avantages leur sont attribués, et par l’exploitation de sol et du sous-sol près des belligérants. 

La course aux marchés et aux profits illicites pousse plusieurs multinationales à faire fi du respect des droits de propriété et de l’éthique du marché, qu’elles observent pourtant en dehors de l’Afrique ; d’où la nécessité de comprendre pourquoi. 

Quand on parle du pillage de l’Afrique, on pense immédiatement aux multinationales occidentales, mais il ne faut pas oublier qu’il est pratiqué avec la bénédiction et la complicité des dirigeants africains. Ce soutien explicite ou implicite prend plusieurs formes : violation des droits de propriété des communautés indigènes, non-respect du principe d’appels d’offres transparents et équitables, instrumentalisation de la justice pour évincer des concurrents, etc. 

Ces dirigeants qui sont supposés défendre le peuple et protéger ses intérêts n’hésitent pas à détourner les fonds publics. C’est le cas du président angolais Jose Eduardo Santos, qui a été au pouvoir de 1979 à 2017. Il a été considéré en 2018 par le magazine Forbes comme le chef d’État le plus riche du monde noir. 

Ajoutons qu’il est associé à la grande corruption et au détournement des fonds du pétrole provenant en grande partie de l’enclave du Cabinda. Durant toutes ses années au pouvoir, sa famille a accumulé un important patrimoine surtout immobilier dont des maisons dans les principales capitales européennes et des comptes bancaires en Suisse et dans des paradis fiscaux offshores. 

Par ailleurs, les dirigeants africains sont de mèche avec les multinationales et signent des contrats aux conditions douteuses en échange de soutiens politique, financier et militaire pour rester au pouvoir le plus longtemps possible. L’affaire Bolloré a permis de mettre en lumière un mécanisme dans lequel les chefs d’États guinéen et togolais auraient bénéficié de services sous facturés d’une filiale du groupe Bolloré dans leurs différentes campagnes présidentielles ; cela en échange de marchés très juteux dans les ports. 



 
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