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Depuis plusieurs jours, le gouvernement installe sa petite musique sur une suspension des réseaux sociaux à la demande, sans aucune intervention du juge et sans appel possible. Cette stratégie de censure et de violation de la liberté d’expression n’est ni un coup de tête ni un “acte isolé”. Elle s’intègre à une stratégie globale menée autant par l’Union Européenne que par l’OTAN. Comme l’explique très clairement Thierry Breton, l’entrée en vigueur du Digital Services Act (DSA) le 25 août 2023, imposera de nombreuses contraintes aux plate-formes en matière de censure à la demande des gouvernements européens. Ces mesures liberticides ne seront vraisemblablement pas limitées à l’Europe : l’OTAN déclare que la guerre de l’information (et contre la désinformation menée par les ennemis) fait désormais partie de ses missions centrales. L’ère de la liberté d’expression en Occident est bel et bien finie.

Tout le monde a entendu le gouvernement se répandre sur les demandes d’interruption de services, notamment sur la plate-forme Snapchat très utilisée dans les banlieues, au moment des émeutes. Cet épisode largement relayé a le mérite de mettre l’accent sur une politique qui se développe depuis plusieurs années, que nous avons déjà appelée la militarisation de l’information.

Censure et #propagande sur #Internet : pourquoi l'#Otan considère que c'est sa mission vitale désormais ! Et l'#ue obéit ! @TurboDemocrate @edouardhusson https://t.co/kvOA4Xc6lX— Eric Verhaeghe (@Verhaeghe) July 10, 2023 Rejoignez notre Space sur Twitter ce lundi 10 juillet à 19h45, consacré à la censure des réseaux sociaux dans le Nouvel Ordre Mondial

Pour bien comprendre de quoi il s’agit, je conseille à nos lecteurs de se reporter aux articles que nous avions consacré à cette question l’an dernier, qui touche au sujet sensible de l’influence occidentale dans les médias, et que la France a décliné par la création de la plateforme Viginum, chargée de surveiller massivement tous les utilisateurs d’Internet. Nous avions à l’époque souligné que le G7 avait confié au Canada la tâche de coordonner les opérations occidentales d’influence et de propagande sur Internet, sous le contrôle général des États-Unis. Dans cet esprit, les manuels rédigés par les services britanniques et suédois servent largement de guide.
Le Digital Services Act prend le relais

Comme l’explique très bien Thierry Breton dans son interview sur FranceInfo, les mesures de censure administrative des réseaux sociaux (sans intervention du juge et sans possibilité de s’opposer à la décision officielle) font partie intégrante du Digital Services Act, le règlement européen qui entre en vigueur le 25 août. Ses dispositions prévoient des peines d’amende, voire de suspension de service, pour les réseaux qui refuseraient de retirer les contenus haineux ou séditieux.

On mesure d’emblée l’ambigüité habituelle sur laquelle le pouvoir en place s’appuie pour éliminer tous les opposants non-contrôlés dans l’inventaire à la Prévert qu’il a dressé : Alibaba, AliExpress, Amazon Store, AppStore d’Apple, Bing, Booking.com, Facebook, Google Play, Google Maps, Google Search, Google Shopping, Instagram, LinkedIn, Pinterest, Snapchat, TikTok, Twitter, Wikipédia, YouTube et Zalando sont concernés par cette censure.

La procédure sera simple : l’autorité administrative européenne désignera aux plateformes les contenus à retirer, et celles-ci devront s’exécuter. Il paraît que, en Ukraine, nous nous battons pour la démocratie. Le Digital Services Act n’a qu’un lointain rapport avec celle-ci, on le voit. La liberté d’expression est bel et bien passée sur notre continent. 

L’OTAN surveille l’information et mène la propagande
Le jour même où Thierry Breton expliquait clairement à quoi allait réellement servir le Digital Services Act, l’un des plus hauts gradés de l’OTAN, le général français Lavigne, au donnait une intéressante interview au Point pour expliquer le rôle de son organisation en matière de… réseaux sociaux. Le général Lavigne est officiellement commandant suprême allié pour la transformation de l’Otan (si, si, ça existe vraiment). À ce titre, il s’occupe de développer les actions de l’OTAN sur les réseaux sociaux au titre de la guerre de l’information.

On notera quelques-uns de ses propos qui en disent long sur la réalité otanesque :
Cette nouvelle ère est différente de celle qu’on a connue pendant la guerre froide parce qu’on est beaucoup plus nombreux, le périmètre à protéger est beaucoup plus large. Par ailleurs, il y a de nouveaux domaines : le cyber, l’espace, le champ informationnel… On conserve toutefois cette approche à 360 degrés, c’est-à-dire qu’on ne fait pas que défendre l’alliance à l’Est, on la défend contre toutes les menaces. (…)

Nous sommes en train de développer un concept exploratoire sur la supériorité cognitive qui prend en compte cette menace désinformationnelle. Il y a un travail à faire sur le partage de la donnée et de l’information. Pour exemple : ce qui s’est passé à Gossi au Mali avec l’armée française en 2022 [les mercenaires russes de Wagner y avaient mis en scène un charnier pour en faire porter la responsabilité à la France, NDLR]. Une manœuvre pour contrer la désinformation passe par une information donnée le plus vite possible et même en avance par rapport à la désinformation. Ce n’est possible que grâce au partage d’informations, qui nous permet d’être non pas réactifs, mais proactifs dans notre protection. Général Lavigne

La supériorité cognitive : qu’en termes pudiques ces choses-là sont dites ! En réalité, l’OTAN nous annonce que l’information est un domaine qu’elle entend contrôler pour défendre les gouvernementaux occidentaux et, en premier lieu, le gouvernement profond américain, dont elle est l’émanation. Et, dans ce cadre, comme nous l’avons connu sous le COVID, mais le Courrier continue à en faire l’expérience, toutes les censures sont permises.

Décidément, nous avons basculé dans une nouvelle ère, où la démocratie n’est plus.

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