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La burqa a trop longtemps servi, jusqu'à son épuisement, comme alibi imparable d'une entreprise méthodique de marginalisation des citoyens français de confession musulmane. Les docteurs de la foi, seuls habilités à légiférer sur cette question théologique, sont unanimes pour affirmer que la burqa est totalement étrangère aux prescriptions coraniques.

A ce titre, la burqa n'est ni un habit cultuel ni un signe religieux. Toute équivoque à cet égard doit être préalablement levée. La burqa n'est pas une affaire religieuse. La liberté vestimentaire est une liberté individuelle fondamentale dans la limite où elle ne porte pas atteinte à la liberté d'autrui. La diversité vestimentaire distingue les sociétés démocratiques des systèmes totalitaires uniformisés sous uniforme. Or, la burqa est un uniforme de l'obscurantisme, une geôle corporelle, une chape de la honte, qui remet en cause l'esprit de liberté, de fraternité, d'égalité en dignité et en droits, principes intangibles de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de la Constitution française.

Le débat actuel sur l'Islam est faussé par la référence constante à la laïcité. Faut-il rappeler que les lois sur la laïcité garantissent la liberté de conscience, le libre exercice des cultes et leur expression publique en dehors des établissements scolaires. En ce sens, le débat sur l'Islam n'entre pas dans le cadre la laïcité. Depuis un siècle, les lois sur la laïcité ont fait la preuve de leur souplesse dialectique et de leur adaptabilité historique aux transformations sociales. Toute nouvelle tentative de bricolage réglementaire ou législatif de ce rouage central de la démocratie en pervertira forcément les effets.

Le débat sur l'Islam est une provocation politique et doit être combattu comme tel. La provocation, par nature, ne porte aucun message. Elle est le message. Elle ne laisse aucune alternative. Son autorisation la justifie. Son interdiction la légitime. Il n'est d'autre issue pour la neutraliser que l'indifférence générale. La provocation n'existe que par l'écho qu'elle suscite.

Le débat public l'attise. Le silence médiatique l'éteint. En ces temps de crise sociale et économique majeure, le débat sur l'Islam ne mérite pas la mobilisation politique démesurée qui se manifeste. Ce battage obsessionnel, d'un autre âge, qui rappelle les temps bénis de la colonisation, qui mobilise des discours officiels et des éloquences qui l'érigent en symbole de civilisation, loin d'être une simple opération de diversion, est un rouleau compresseur visant, ni plus ni moins, une délaïcisation programmée de la société française. Puisse la vigilance citoyenne démasquer son ténébreux dessein.

© Mustapha Saha

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