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Plus aucune excuse pour ne plus être connecté à Internet. Avec des smartphones à ce prix-là, tout le monde peut enfin naviguer dans le virtuel.

Un type de mobile idéal pour favoriser également la disparition de l'argent liquide, en favorisant toujours plus les transactions dématérialisées. L'abandon et la stigmatisation du cash trotte dans la tête des dirigeants (lire banquiers) depuis un moment déjà : on se doute bien qu'il n'y plus d'argent dans les coffre-forts. De plus, en permettant à tous et chacun de posséder un mobile, les gouvernements peuvent aussi contrôler, surveiller et localiser la population entière, à un niveau planétaire.

Mais le prix n'est pas le seul argument de vente de Ringing Bells, le constructeur à l'origine du Freedom 251. Ce téléphone serait aussi la vitrine technologique du "make in India", cher au Premier ministre Narendra Modi. Ce programme gouvernemental, lancé en 2014, vise à promouvoir la production nationale et la mise en avant du savoir-faire indien. Le groupe assure que le téléphone est entièrement assemblé en Inde et se vante d'un "soutien des autorités" sur son site Internet.

La raison d'être du smartphone est aussi en adéquation avec la priorité du gouvernement de rendre la technologie accessible à tous. Son prix est ainsi moins élevé que le salaire minimum journalier (350 roupies) et les responsables de Ringing Bells ont souligné que le Freedom 251 était destiné avant tout à "ceux qui n'ont pas les moyens de se connecter à Internet".


Freedom 251 vs Facebook
Un slogan qui sonne, en outre, comme une réponse directe à la récente tentative malencontreuse du PDG de Facebook Mark Zuckerberg de lancer FreeBasics en Inde. Ce service, qui donnait accès gratuitement à certains sites comme Facebook ou la météo, avait été jugé comme une tentative par le géant américain d'imposer aux plus démunis sa vision d'Internet. Les autorités indiennes ont mis un terme à cette initiative le 8 février.

Le Freedom 251 semble donc avoir tout bon : un prix imbattable pour un produit fabriqué en Inde et qui est censé démocratiser l'accès à Internet.

Une entreprise qui n'existe que depuis 5 mois
Mais pour certains, l'offre est trop belle pour être honnête. Il serait en effet impossible de construire à grande échelle des téléphones aussi peu chers. Il faut notamment compter au minimum 35 dollars rien que pour installer en Chine un écran tactile sur un smartphone de la taille du Freedom 251, rappelle ainsi le site spécialisé en technologies Livemint.

Ringing Bells a-t-il les reins financiers suffisamment solides pour vendre ainsi à perte son smartphone ? Difficile à croire. L'entreprise n'existe, en fait, que depuis septembre 2015. L'équipe dirigeante semble, en outre, manquer d'expérience dans le domaine des télécoms. L'un de ses responsables, Mohit Kumar Goel, vient ainsi d'une famille qui a fait fortune dans les produits agricoles.

La chaîne de télévision deNew Dehli NDTV a aussi noté que le Freedom 251 a d'étonnantes ressemblances avec un autre téléphone indien d'entrée de gamme, l'Adcom Ikon 4, qui était vendu il y a deux ans. Les similitudes sont telles que les médias indiens se demandent si ce nouveau téléphone n'est pas une version modifiée de cet ancien modèle. Les responsables de Ringing Bells n'ont pas souhaité répondre à ces allégations.

Les Indiens craignent, en fait, que le Freedom 251 ne soit qu'une nouvelle débâcle similaire à celle de la tablette Aakash. En 2010, le gouvernement indien avait annoncé le lancement d'une tablette à bas prix (35 dollars) pour les plus défavorisés et les étudiants. Mais l'entreprise qui était censée la fabriquer n'a jamais réussi à satisfaire la demande et le programme Aakash est entré dans l'histoire comme un échec du flagrant "make in India".

Reste maintenant à savoir si Ringing Bells va faire mieux. Les Indiens peuvent commander le Freedom 251 à partir du jeudi 18 février au matin. Le fabricant assure que tous les smartphones achetés seront livrés avant fin juin 2016.

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