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Un petit accrochage… et un coup de flash sur une autre réalité marocaine. C’est une histoire que j’ai vécue récemment. Du genre tragi-comique, et qui, racontée, tourne un peu à la satire. Du coup, je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer… J’ai besoin de la partager !

Tout commence avec un banal frottement entre ma petite Renault et un scooter, au redémarrage d’un stop. Je veux tourner, mais je suis trop près du scooter qui lui est trop chargé (2 passagers). Me voyant si près, le conducteur s’affole, me heurte et son passager vacille, puis tombe sur le trottoir. Au regard du code la route, je suis évidemment en tord. J’assume. Je m’arrête illico, le conducteur aussi. Au regard de la scène, sentant l’aubaine, il laisse tomber le scooter à terre et fait mine de tomber lui aussi. Pas assez vite pour que je ne l’arrête dans son élan, étant déjà sortie de mon véhicule pour évaluer la situation. Nous voilà donc : ma voiture à l’arrêt, le scooter au sol, le passager – une jeune femme – assis sur le trottoir, le conducteur – le père de la jeune femme – en train de m’invectiver, et moi à genou près de la jeune femme pour m’enquérir de sa santé.

Pas de dommages ?
Le choc s’étant produit à 2 km à l’heure, elle n’a qu’une légère égratignure au mollet. Il n’y a aucune trace de choc sur la voiture ni sur le scooter, déjà bien décati de toute façon. A ce stade de l’histoire, je me dis : “Ouf, tout va bien” !

Grave erreur, parce que, non, tout ne va pas bien. Parce que nous sommes au Maroc, et que ce genre de scènes y est fréquent et classique. J’aurais dû m’en souvenir : on me l’avait dit ! Mes amis marocains m’avaient prévenue. Car cela n’a rien à voir avec le fait que je sois blonde et française. Il s’agit bel et bien d’une réalité de la vie marocaine. Je ne fais pas référence à l’accrochage. Il s’en produit beaucoup, la conduite marocaine étant très… imprécise. Non, je veux parler de la scène de théâtre que jouent à cette occasion certains profiteurs. Acte principal de ce qui s’appelle une tentative d’arnaque ! Afin de couper court aux jérémiades supposément liées à des douleurs intenses mais clairement simulées quand l’accrochage est si bénin, on arrive vite à “s’arranger”. En clair, quelques billets peuvent suffire à calmer les envies d’aller plus avant et de faire perdre son temps à tout le monde.

Mais cette fois-ci, le monsieur, trop sûr de son fait, avait décidé d’obtenir de la compagnie d’assurance bien plus que ce que je lui offrais. J’ai donc eu droit au grand jeu! La police. Puis les “constateurs”, ceux qui viennent constater l’accident, faire les marquages au sol, prendre les papiers, entendre la version des faits de chacune des parties et faire un “constat” au crayon sur leur grand cahier. Dans leur rôle de “pas-sympas-du-tout”, ils ne m’ont vraiment fait passer un bon moment ! Et enfin, l’ambulance. Car la jeune femme ne voulait pas se relever et continuait de singer une grande douleur. Le protocole exige logiquement, dans ce cas, que l’on accompagne la blessée en ambulance à l’hôpital le plus proche, pour radio et examen. Ce qui fut fait.

Après deux heures de ce cinéma dont personne n’était dupe, je suis enfin rentrée chez moi. Sans mon permis, retenu en “caution” par les constateurs, afin que je passe au commissariat le lendemain pour la rédaction du PV. Je glisse rapidement sur la longue heure passée (entre deux rendez-vous de boulot) le jour suivant au commissariat de quartier. Et ce afin de répondre aux questions de l’officier de police, qui tapa à un doigt sur une vieille machine à écrire le précieux document. Une fois le tout rédigé et signé, le permis récupéré, je m’enquis poliment de la santé de “ma blessée”…

Le policier : “Elle n’avait pas grand-chose, Abdullilah.”

Moi, ironique : “Comme vous m’étonnez, monsieur l’agent ! Tant mieux, tant mieux… Et donc, maintenant ?”

Le policier : “Maintenant ? Rien ! Les assurances vont se parler, mais comme il n’y a pas de blessé ni rien de cassé…. il ne va rien se passer !”

Voilà… tout ça pour ça ! Tout ça, parce que ce bon père de famille avait décidé de se faire un peu d’argent sur le dos de mon assurance…. Il aurait mieux fait d’accepter mon billet de 200 DH. Mais vous savez ce qui m’a achevée ? C’est qu’en rentrant chez moi et en racontant ça à ma nounou, elle m’a répondu : “C’est comme ça ici, Valérie. On récupère des sous comme on peut… Vous n’avez jamais fait ça, vous, mentir aux assurances ?”

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