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Alors que les commentateurs occidentaux ne cessent de mettre en exergue les dangereuses minorités extrémistes qui caricaturent l’Islam, deux événements, intervenus en pleine période de ramadan, sont venus rappeler qu’il ne faut pas généraliser et oublier que la grande majorité du monde musulman condamne le terrorisme et l’extrémisme.

L’exemple le plus convaincant est celui du Royaume du Maroc où le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, multiplie les initiatives et consolide ainsi son rôle de chef de file de l’Islam du juste milieu.

Le 14 juin 2016, le Souverain a procédé, à la mosquée de la Qaraouiyine de Fès - l’un des hauts lieux de l’Islam-, à l’installation des membres du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains, créée par un décret royal (dahir) le 25 juin 2015.

Présidée par le Souverain chérifien, qui est secondé par son ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufik, au poste de président délégué, la nouvelle fondation est composée de sommités religieuses africaines. Il est notable que toutes les parties de l’Afrique – francophones, anglophones et lusophones- sont représentées dans cette fondation, ce qui démontre l’influence grandissante du Maroc sur ce continent. Dans son discours, le Roi a souligné que la fondation « constitue un cadre permettant aux oulémas de remplir le devoir qui leur incombe de faire connaître l’image réelle de la religion tolérante de l’Islam et de promouvoir ses valeurs que sont la modération, la tolérance et la volonté de coexistence ». Il s’est dit convaincu que « cette Fondation, à travers ses différentes filiales dans les pays africains, œuvrera aux côtés de toutes les instances religieuses concernées, à remplir le rôle qui lui revient de répandre la pensée religieuse éclairée et de faire face aux thèses d’extrémisme, de repli du terrorisme que certains pseudo-prédicateurs colportent au nom de l’Islam, alors que celui-ci n’a rien à voir avec elles ».

Mohammed VI a affirmé que cette fondation est conçue comme un jalon de plus dans une orientation stratégique « visant à hisser les relations de coopération politique et économique qui unissent le Maroc aux États africains, au niveau d’un partenariat solidaire efficace, dans les différents domaines ». Il a également précisé que sa décision de mettre en place cette institution « ne fait pas suite à une contingence fortuite, pas plus qu’elle ne vise à réaliser des intérêts étriqués ou éphémères, mais procède plutôt d’une conception intégrée de la coopération constructive et d’une volonté de répondre concrètement aux demandes de nombre de pays africains frères en matière religieuse ».

Il faut replacer cette nouvelle fondation dans la continuité du dispositif lancé avec l’Institut de formation des Imams à Rabat qui forme déjà plusieurs centaines d’imams africains (et quelques dizaines de Français) et qui est un véritable référentiel aussi bien en Afrique qu’en Europe (notamment en France, en Hollande, en Espagne, et en Belgique). La place accordée aux femmes dans ces deux institutions est remarquable et conforme à la volonté du Roi Mohammed VI de renforcer la représentativité féminine dans l’encadrement spirituel. Il est notable que le Maroc considère que la femme a un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre les idées extrémistes.

La fondation des oulémas vient donc parachever un processus. Elle s’inscrit dans la stratégie développée sous l’impulsion du Souverain chérifien afin de consolider le lien religieux entre le Maroc et l’Afrique. C’est à la fois une partie d’une politique africaine qui est devenue un axe stratégique de la diplomatie du Royaume, et c’est aussi le renforcement du rôle exceptionnel que joue le Maroc dans le domaine de la gestion et de la maîtrise du champ religieux face à l’extrémisme et aux dérives radicales.

La politique africaine du Maroc se trouve donc encore renforcée, mais en même temps c’est le rôle du Maroc contre l’extrémisme qui est de nouveau mis en exergue. Aujourd’hui, grâce à l’action soutenue de son Roi, le Maroc est devenu le principal bastion de l’Islam du juste milieu face aux thèses extrémistes et aux dérives extrémistes des charlatans qui caricaturent le vrai Message de l’Islam. Dans ce domaine - comme dans d’autres - le Maroc est donc bien un acteur essentiel et un partenaire indispensable aussi bien des États africains que des États européens.

Charles Saint-Prot
Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques


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