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« Notre société est dirigée par des aliénés au service d'objectifs aliénants. Je pense que nous sommes gouvernés par des maniaques à des fins démentes et je pense que je suis susceptible d'être enfermé pour oser exprimer cela. C'est ce qui est dément à ce sujet. » - John Lennon (1940-1980), chanteur et compositeur anglais

Lennon et d'autres externalisent l'apparente paranoïa qui jaillit en nous. « Le monde est devenu fou ! » Plus souvent qu'autrement, nous étouffons cet avis, et nous contentons de voir le monde comme d'autres le prescrivent. Mais qui sont ces autres, et que veulent-ils ?

Le terme de psychopathe est souvent mal jugé criminellement, grâce en grande partie aux représentations inutiles des types de psycho-caractère malades, tordus et violents dans les médias populaires. Cela a conduit, par ignorance publique, à la croyance commune que le psychopathe n'a aucune fonction, rôle ou place dans la société ouverte. Une rapide esquive qui nous permet — à nous la saine apparente majorité — de contourner nos pires craintes.

Toute idée selon laquelle le psychopathe est incapable de fonctionner dans une société ouverte est, selon M.E. Thomas1 — une sociopathe auto-confessée — incorrecte. La question n'est pas tant la capacité de fonctionner, mais plutôt de savoir quelle capacité ou forme cette fonction prend. Comme le dit Thomas, les psychopathes et les sociopathes partagent une histoire clinique entrelacée ; les deux peuvent fonctionner en société, ils le font différemment. Et bien qu'il nous reste à étudier quel masque cette fonction peut prendre, ils excellent dans de nombreuses situations sociales.

La concurrence gagne
Jean-Baptiste de Lamarck était un biologiste français qui préconisait une théorie de l'évolution largement réprimandée dans les cercles établis. Le travail majeur de Lamarck a été publié la même année que celle de la naissance de Charles Darwin — qui allait supplanter la théorie de Lamarck cinquante ans plus tard. Dans le monde de Lamarck, la coopération a prévalu sur la concurrence darwinienne dans le moteur de l'évolution.

Selon les auteurs G. Greenberg et M.M. Haraway2, le point de vue de Darwin a servi à refléter et à soutenir une société victorienne liée aux valeurs du libre marché, du capitalisme et de l'empire. Son modèle soutenait la loi de la jungle, la vie difficile, le code de conduite ; la dévotion scientifique du monde naturel se joue sur un paysage brutal, froid et insensible. Peut-être l'environnement idéal pour l'aspirant psychopathe des temps modernes, et une vue dominante que le poète Tennyson décrit comme la nature, rouge en dent et griffe.

Serpents et échelons
Bien que le diagnostic de psychopathie définitive chez les individus reste quelque peu une zone grise, des tentatives ont été faites pour catégoriser les traits psychologiques qui distinguent les personnalités psychopathes. La plus importante est la liste de contrôle diagnostique mise au point par le célèbre psychologue canadien Robert Hare qui est utilisée pour déterminer un diagnostic catégorique de psychopathie clinique ou, au mieux, une note de catégorie.

Selon la liste de Hare, les psychopathes présentent un charme superficiel, un ego débridé, un mensonge pathologique et une ruse froide et calculée pour accéder à leur proie. Ils sont souvent impulsifs et irresponsables, et montrent une absence d'empathie et un manque de culpabilité sans remords. Ces attributs et d'autres, tels que la polyvalence criminelle et une capacité marquée à manipuler, tromper et contrôler, les caractérisent comme dangereux. Ce sont des traits qui permettent aux psychopathes d'accéder à des positions régaliennes de pouvoir et d'influence. « Nous en savons beaucoup moins sur la psychopathie corporative et ses implications », explique Paul Babiak, psychologue à New York, « en grande partie en raison de la difficulté à obtenir la coopération active des entreprises commerciales pour notre recherche ».3 Un dilemme que Hare a révélé à Jon Ronson, auteur de The Psychopath Test. « Les prisonniers sont faciles », déclare Hare. « Ils aiment rencontrer des chercheurs, cela brise la monotonie de leur journée, mais les PDG, les politiciens... »4 Selon Hare, ces requins sont une autre paire de manches.

Une rare étude sur la psychopathie en milieu de travail menée par Babiak, Neumann et Hare5 suggère que un sur vingt-cinq, ou quatre pour cent, des cadres d'entreprise montrent des traits de personnalité significative typique de la psychopathie — une incidence quatre fois supérieure à celle estimée dans la population générale. L'étude soutient l'affirmation selon laquelle les psychopathes peuvent et, en fait, atteignent un statut d'entreprise de haut rang. Nous ne pouvons que spéculer, mais Hare concède que Wall Street pourrait en abriter un sur dix, attirés par les failles lucratives parce que mal réglementées6. Prenez ceci en considération et il n'est pas difficile de voir comment la substance même et l'identité des sociétés et des institutions financières peuvent souvent glacer.

Ce qui est sans doute le plus saisissant dans cette étude, c'est qu'elle indique que bien qu'ils soient classés comme des gestionnaires de qualité inférieure, ayant peu l'esprit d'équipe et s'attirant de mauvaises évaluations de performance, les cadres qui ont répondu au seuil clinique du psychopathe ont été valorisés par leurs supérieurs immédiats comme créatifs et novateurs, bons communicateurs et penseurs stratégiques.

En bref, ils ne peuvent pas toujours échapper au radar. Malgré les avertissements, il est évident pour le psychiatre étasunien Hervey Cleckley que les psychopathes possèdent la communication, la persuasion et les compétences interpersonnelles pour surmonter tout impact négatif sur leur carrière. Une conclusion appuyée par l'étude de Babiak : « Certaines entreprises considèrent les cadres psychopathes comme ayant un potentiel de leadership, en dépit des évaluations négatives du rendement et de faibles notes par des subordonnés sur le leadership et la gestion. Selon les auteurs, cela montre une compétence à manipuler les décideurs, une caractéristique abordée par le psychologue Dennis Doren qui a observé dans les institutions la capacité infaillible du psychopathe à chercher et à favoriser des relations avec ceux de la plus haute autorité et démontrer une formidable habileté à les influencer.9

Dans de nombreux cas, la capacité du psychopathe, semblable au caméléon, à imiter son environnement en lisant et en influençant ses collègues par l'art de la tromperie, que ce soit par l'auto-promotion ou la persuasion subtile, permet à l'imposteur de cacher sa vraie nature et d'avancer sans être détecté par les coutumes sociales. Des études suggèrent que la psychopathie, en personne ou par procuration, peut s'ancrer au sommet du pouvoir mais ce phénomène est-il relativement isolé ou ce scénario a-t-il toujours prévalu au cours de l'histoire humaine ?

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

En tant que vice-président et directeur des Études sur la gouvernance à l'Institut Brookings, Darrell West analyse les programmes des facultés de droit et des écoles de commerce, en particulier, selon West, « parce qu'ils forment les leaders de demain »10. Au cours de ses recherches, West étudie les programmes des cours et effectue des entrevues avec des membres du corps professoral. Il a également acquis des données sur les perceptions des étudiants issus des facultés de droit et des écoles de commerce. Ce qu'il a trouvé s'est révélé troublant.

« La responsabilité sociale de l'entreprise est d'augmenter ses bénéfices », affirme West, en s'inspirant du titre d'un article du New York Times publié en 1970 et écrit par l'économiste et statisticien étasunien très influent Milton Friedman. L'article était sans équivoque : selon Friedman, maximiser la valeur pour les actionnaires était la seule responsabilité de l'entreprise.11

« Bien des écoles n'exigent pas de cours distincts qui fournissent des conceptions générales sur le but de l'entreprise dans la société », explique West. Parmi celles qui le font, « beaucoup se concentrent sur le but de l'entreprise, en mettant l'accent sur la façon de maximiser la valeur pour les actionnaires, en particulier dans les facultés de droit12. L'instruction est donc essentielle, note West, et façonnera la vue d'un étudiant sur le monde. En fait, West conclut, « les enquêtes sur les écoles de commerce montrent qu'après avoir terminé leur cursus, les étudiants sont plus susceptibles de voir la valorisation de l'actionnaire comme l'objectif le plus important de la société.13

Ce n'est pas tant que Friedman était un prophète. Rétrospectivement, selon West, il a aidé à façonner les perspectives de nombreux dirigeants d'entreprises, universitaires et leaders d'opinion qui ont finalement servi à influencer le sens moderne du but de la société aux États-Unis. Une identité inhérente qui contribue à façonner la façon dont, le plus souvent, les étudiants des facultés de droit et des écoles de commerce voient leur manque de responsabilité envers la société, même aujourd'hui.

Dans le monde réel, les inévitables équations froidement calculées se déroulent pour d'un côté maximiser le profit et pour de l'autre minimiser les pertes. Et comme la plupart des équations mathématiques, elles ne font que peu ou pas de sens pour le profane. « Pouvez-vous acheter ce que vous possédez déjà ? » C'est l'équation que tous les intéressés ont du faire face en 2011 quand la société Nautilus Minerals inc., établie au Canada, a acheté à l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée la licence pour exploiter les profonds conduits volcaniques sous-marins dans des eaux souveraines au large des côtes du pays. La réponse, moralement, bien sûr, est non.

Commentaire : C'est la ruée vers les fonds-marins du Pacifique :

« L'exploitation aura lieu dans les fonds marins de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la Mer de Bismarck, tout près des côtes de l'île de Nouvelle-Bretagne (Nord-est de l'île principale de Nouvelle-Guinée) et de sa capitale Rabaul, où se trouvent aussi deux volcans en activité. [...] Nautilus a aussi obtenu les droits d'exploration pour une surface totalisant quelque six cent mille kilomètres carrés, dans le Pacifique Sud-ouest (Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Fidji, Vanuatu et Tonga). [...] Cette société a aussi scellé, fin juillet 2011, un accord pour prospecter des eaux (sur une superficie de 75 000 kilomètres carrés) situées plus à l'Est dans l'Océan Pacifique, dans la zone connue sous le nom de Clarion-Clipperton, entre les côtes mexicaines, Hawaii et la Polynésie. »


« Mi-2011, la France, par la voix de son Premier ministre François Fillon, annonçait son intention d'entamer la procédure en vue d'obtenir des permis d'exploitation des ressources minérales des fonds océaniques internationaux. » Tahiti Infos

Selon Sir Julias Chan, actuel gouverneur de la province de Nouvelle-Irlande en Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'éthique est une marchandise intangible, et contrairement à une monnaie forte, elle s'accumule rarement. « D'abord, l'État cède les droits d'exploration et de production aux entreprises étrangères pour presque rien », dit Chan. Dans le cas de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, 10 000 kina équivalent à 4 000 dollars US. « Pour cette pitance, le promoteur étranger obtient le contrôle total de toutes les richesses qui peuvent être extraites des entrailles de la terre. ».14

« L'étape suivante pour l'État consiste à rechercher l'équité dans le projet, habituellement 30 % dans un projet minier et 22,5 % dans un projet pétrolier ou gazier », explique Chan. « L'État a "donné" toute la ressource à une société étrangère, et revient maintenant acheter ce qui était déjà légalement sa propre propriété, pour un intérêt de 30 % dans le projet.» Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, cela signifiait 300 millions de kina, soit 118 millions de dollars US. « Et, pour ce faire, l'État emprunte généralement à un taux qui endette encore plus le pays. »15 C'est aujourd'hui un événement commun par lequel l'État agit pour s'assujettir et assujettir son peuple à la haute finance.

Joel Bakan est professeur de droit à l'université de la Colombie-Britannique, au Canada. Tandis que ceux qui dirigent des sociétés sont pour la plupart, de bonnes personnes morales, dit Bakan, le devoir des dirigeants de l'entreprise doit servir les intérêts commerciaux de la société en premier et avant tout. « L'argent qu'ils gèrent n'est pas le leur », explique Bakan. « Ils ne peuvent pas soudain l'utiliser pour guérir les malades... ou acheter une villa en Toscane. » Dans le monde de l'entreprise, les bonnes personnes sont encouragées à mal se comporter. En fait, la somme des parties corporatives est « singulièrement intéressée et incapable de ressentir un réel souci pour autrui dans un quelconque contexte. La société, comme la personnalité psychopathique qui lui ressemble, est programmée pour exploiter les autres dans un but lucratif ».16

Dans ces termes, il n'est pas difficile d'envisager comment un système peut rapidement mettre en valeur et imiter ses parties les plus déviantes. De même, comment au fil du temps les parties peuvent en venir à être façonné par l'ensemble.

Dans les coulisses
Selon le philosophe et auteur Aaron James, tandis que le psychopathe feint l'action morale qui lui sert d'outil pour manipuler les autres, le salopard pourrait bien être de la même engeance. Contrairement au psychopathe prototypique, dit James, le salopard « se livre au trafic et est motivé par la justification morale », ce qui conduit à « pérenniser le sentiment d'un droit spécial ».17

L'exemple parfait, selon James, est Steve Jobs le fondateur d'Apple qui a vu sa seule obligation envers la société comme implicitement liée à la production des produits que ses consommateurs souhaitaient. Jony Ive, un des meilleurs amis de Jobs, a déclaré dans Business Insider : « quand il est frustré... sa façon de parvenir à la catharsis est de blesser quelqu'un. Et je pense qu'il a le sentiment d'en avoir la liberté et la permission », a déclaré Ive. « Il a le sentiment que les normes d'engagement social ne s'appliquent pas à lui. »18

De façon inquiétante, James dit, « le raisonnement du salopard est façonné par la justification morale que sa culture environnante met à sa disposition ».19 Par exemple, selon Hare, de nombreux criminels en col blanc sont des psychopathes. « Ils prospèrent parce que les caractéristiques qui définissent le désordre sont en réalité valorisées », affirme Hare. « Qu'arrive-t-il quand ils se font prendre ? Une tape sur la main, une interdiction de commercer pendant six mois, [oh] et ne nous rembourse pas les 100 millions de dollars. »20

En conséquence, non seulement la culture d'entreprise engendre le salopard, mais elle produit aussi son aptitude à être un salopard. Et selon la culture, dit James, « un salopard peut agir mieux ou pire qu'un psychopathe »21. C'est une pensée consolante.

On ne peut guère être réconforté par le fait de savoir que le psychopathe que vous avez toujours pointé du doigt est vraiment un salopard entretenu par un système qui est, par nature, socialement déviant. Si le raisonnement d'un salopard typique est motivé par la justification morale tirée de son milieu environnant, alors cela implique la capacité d'une culture et / ou d'un système psychopathique à façonner sa propre classe dirigeante.

Ils nous ont transmis leur esprit
La force durable de la psychopathie réside dans sa capacité à manipuler la perception que les autres ont de cela. Mais la capacité innée du psychopathe ou du système à façonner nos perceptions n'est pas, en soi, réservé au psychopathe clinique.

Nous jouons tous notre rôle dans la mascarade. Beaucoup d'entre nous participent à des améliorations cosmétiques et accessoires qui soutiennent la valse de notre ego à travers ce monde de porcelaine. Quel que soit le score, la liste de contrôle de Hare a un numéro choisi pour nous tous. Dans sa quête du contrôle ultime, c'est la plus grande réalisation de la psychopathie ; après tout, quelle meilleure façon de prédire les réponses d'une personne ou d'un groupe, que de leur donner votre esprit ?

L'envie du concurrent de gagner à tout prix est certainement omniprésente. De même, la tendance à l'irresponsabilité, plus évidente dans la culture de compensation qui s'est glissée dans la mentalité sociale, grâce à des lois qui restreignent la capacité d'une personne à se développer par l'éthique et les concepts moraux du bien et du mal. Comment pouvez-vous prendre la responsabilité de pensées et de concepts qui ne sont pas les vôtres ? Au sens large, les règles et les règlements nous enseignent à déposer notre pouvoir, une transaction qui, selon Thomas, se renforce dans la société. Elle dit que si l'on a le choix entre avoir le pouvoir et le donner à une entité « de confiance », les gens choisissent souvent d'y renoncer plutôt que d'assumer la responsabilité qui va avec.22

Dans son apparente quête sans fin de réinventer la société à son image, la psychopathie porte peut-être en elle plus d'une expression. Une recherche récente sur les usages qui sont fait des médias sociaux jettent d'inquiétantes corrélations entre l'utilisation intensive de Facebook et le narcissisme socialement agressif. Damien Pearse rapporte que dans une des études, les utilisateurs ayant obtenu un pointage élevé dans un test de personnalité narcissique, « avaient plus d'amis sur Facebook, se taguaient plus souvent eux-mêmes et mettaient plus régulièrement à jour leurs nouvelles publications ». Le rapport indique que la recherche « atteste de l'évidence croissante que les jeunes deviennent de plus en plus narcissiques et obsédés par leur propre image et les amitiés peu profondes ».23 Dans la foulée, les médias se sont rué « par plaisanterie » sur ceux qui par le simple fait de ne pas utiliser Facebook deviennent hautement suspects et douteux — ils pourraient avoir quelque chose à cacher. L'utilisation de Facebook est, bien sûr, répandue et « normale ».

Il existe un nombre infini de flux médiatiques qui nous incitent à voir notre reflet, nous entraînant dans de puissants courants de fond et nous malmenant d'une banque à l'autre. Nous ne refaisons surface que pour reprendre notre souffle, désorientés et confus, déconnectés de nos repères naturels. Mais peut-être que c'est l'idée. Certes, c'est le besoin inné de contrôle et le pouvoir de l'exercer, à tout prix et sans aucun souci, qui distingue l'esprit pathologique du reste d'entre nous.

Le complexe de Dieu
« Dans la corporatocratie, ceux qui s'élèvent vers le pouvoir sont des obsédés du contrôle, accros au pouvoir sur les autres êtres humains. » - Bruce Levine, critique social et psychologue Dans un monde concurrentiel, il y aura toujours ceux qui recherchent activement, justifient ou embrassent les traits de la psychopathie comme un chemin vers le succès. Pour un chirurgien, un détachement et une tête froide sont logiques. Mais glorifier le psychopathe est un chemin périlleux. Selon la psychologue Linda Mealey, la concurrence ne sert qu'à accroître l'utilisation de stratégies antisociales et machiavéliques et contrecarrer toute montée d'un comportement pro-social après avoir atteint le but.

La spirale de la séparation sociétale et le renforcement du détachement établissent un précédent dangereux, ce que James appelle un sens de « droit né de la grandeur cosmique ».24 Il cite le baron du pétrole John D. Rockefeller qui considérait sa richesse non pas dans un contexte capitaliste de l'Ouest étasunien qui lui a fourni toute latitude nécessaire pour ce faire, mais et dit sans vergogne, dans un contexte de droit divin : « Dieu m'a donné mon argent », a dit Rockefeller.

Ce sens du droit divin, étant choisi, en dehors de la société, a des parallèles profondément troublants avec la richesse contemporaine. Jeff Greene est un investisseur immobilier multi-milliardaire et entrepreneur, et possède la maison la plus dispendieuse des États-Unis. Greene, qui a fait fortune en pariant sur les hypothèques sub-prime, a dit que les étasuniens avaient besoin d'avoir « moins de choses » : « Les attentes de style de vie aux États-Unis sont beaucoup trop élevés et doivent être ajustés, pour que nous ayons moins de choses et une existence à la fois plus petite et meilleur », a dit lors d'une conférence l'homme de 60 ans qui loue la propriété palatiale de 195 millions de dollars à Beverly Hills aux familles royales et aux dignitaires internationaux pour des centaines de milliers de dollars par mois.26

Au cœur de ce système, en supposant qu'il en ait un, les départements politiques, corporatifs ou financiers choisissent cet esprit par lignage ; on veut le créer, le soutenir et le maintenir. « Des personnalités telles que J.P. Morgan, Randolph Hearst et Mayer Rothschild », affirme l'auteur Stefan Verstappen, « sont des psychopathes professionnels qui atteignent le sommet de la scène financière où ils ne causent pas moins de misère et de destruction que leurs homologues politiques. »27

En conséquence, des exemples de comportements psychopathiques au sein des hautes fonctions sont monnaie courante. Robert Kirkconnell est un vétéran de 27 ans de l'Armée de l'Air étasunienne décoré au combat et un critique franc du programme MK-ULTRA du gouvernement étasunien qui a mené une batterie de tests psychologiques ou de « contrôles mentales » sur ses propres citoyens. Dans American Heart of Darkness [Le cœur noir des États-Unis - NdT] , Kirkconnell accuse la Commission présidentielle Rockefeller, créée pour enquêter sur les activités de la CIA, qui, selon lui, a financé le programme. Kirkconnell ne voit plus sa maison comme une république constitutionnelle, mais comme une pathocratie dirigée par des psychopathes.

Des visions du monde psychopatiquement contagieuses ?

« Je devais gagner à tout prix, en permettant parfois aux coûts de s'écouler sans contrôle, juste pour voir la capacité de mon pouvoir. » - M.E. Thomas « Le pouvoir est tout ce qui m'a jamais vraiment importé dans ma vie », déclare Thomas. « Le pouvoir physique, le pouvoir d'être désiré ou admiré, le pouvoir destructeur, la connaissance, l'influence invisible. J'aime assez les gens pour vouloir les toucher, les mouler, les ruiner », dit Thomas. « Je veux exercer mon pouvoir. »28 Cela n'a rien de personnel. C'est alimentaire. L'idée de ruiner les gens, dit-elle, est tout simplement délicieuse.

Thomas n'est pas unique. Le psychopathe joue invariablement avec sa nourriture. Dans ce processus, il cherche activement à infliger le malheur ou la souffrance chez les autres. Thomas se considère comme un tigre blanc — un bel et exotique animal de compagnie, mais intrinsèquement dangereux. Et tandis que selon ses propres mots elle se considère apprivoisée, à l'intérieur elle continue à se saisir des autres avec une primaire envie de détruire.

Cet état d'esprit n'est pas perdu pour la société. En fait, c'est une vision du monde capturée succinctement dans un discours sur l'état du monde de Michael Ellner :
« Regardez-nous », demande-t-il. « Tout est sens-dessus-dessous. Les médecins détruisent la santé, les avocats détruisent la justice, les psychiatres détruisent les esprits, les scientifiques détruisent la vérité, les grands médias détruisent l'information, les religions détruisent la spiritualité et les gouvernements détruisent la liberté. » Vous saisissez la pensée de l'auteur. Mais dans quelle mesure ce monde dont parle Ellner provient-il uniquement de la poursuite aveugle du pouvoir et du profit ?
Y a t-il une malveillance systémique cachée qui crée la peur et l'incertitude ; le chaos pour justifier cette poursuite aveugle du pouvoir et du profit ? La brume malveillante, cette mauvaise intention que nous attribuons aux actes odieux et aux méfaits, est-elle illusoire, un épiphénomène, un sous-produit du cerveau psychopathe ? Ou est-elle réelle, autonome et donnant l'orientation du programme ? Et cette distinction importe-t-elle ? Cela nous aide-t-il à interpréter, par exemple, la montée des maladies chroniques, ses origines et comment la profession de guérisseur est devenue, comme le prétendent les critiques, un terme de battage médiatique ; gérer les symptômes dans un but lucratif ?

Le monde de Kirkconnell se concentre. Sommes-nous tous victimes de programmes systémiques ; de désorientation ; un déséquilibre que le prédateur incite en nous pour maintenir et imposer sa position et son statut ?

Comme pour un dieu, la plupart de ce qui compose la psychopathie et ce qu'elle fait se cache à la vue de tous. Le psychopathe fait appel au sentiment d'empathie et à la foi en l'humanité de sa proie. Il est l'ardoise vierge sur laquelle les gens projettent leurs espoirs et leurs idéaux. Cette prise de conscience doit s'ouvrir si nous voulons exposer la psychopathie systémique et s'opposer violemment à ses sinistres possibilités, notamment les identités plus sombres et les motifs sous-jacents sur lesquels elle est fondée.

Darwin Dorr est le directeur de la recherche en psychopathologie à Wichita State University, au Kansas. « La majorité des pédophiles sont psychopathiques », dit Dorr, « ou du moins manifestent dans une large mesure les caractéristiques psychologiques de la psychopathie ».29

De tels liens qui lient le pouvoir à ses perversions sont historiques, endémiques et persistent jusqu'à ce jour. Les enquêtes entourant un anneau pédophile d'élite de Sydney ne sont que la pointe d'un iceberg froid et insensible qui menace de couler un radeau titanesque de mensonges. Au Royaume-Uni, la réputation de Jimmy Savile, ancien DJ respecté, présentateur de télévision et confident de l'establishment, a coulé quand son penchant pour les enfants, les cadavres et les rituels sataniques et les préliminaires ont été révélés à une population choquée.

Des questions sont maintenant posées à l'extérieur des cercles du Royaume-Uni et ses goûts curieux pour les poubelles de célébrités.Tout à coup, le terme de psychopathe ne semble plus suffisant. Ces gens, le système qu'ils représentent, et les entités qu'ils imitent et adorent, sont-ils au-delà d'une liste de contrôle ? Il est certain que les tentatives menées par le Royaume-Uni et les élites au sens large pour étouffer la vérité ne servent qu'à divulguer plus encore les moyens cachés et le contrôle amoral par lesquels la psychopathie fonctionne en tant que partie intégrante du système.

Nick Parkins
New Dawn 
Nick Parkins a une maîtrise en philosophie de l'esprit et aime vivre en dehors des chemins établis.
Source sott.net/

Notes
M.E. Thomas, Confessions of a Sociopath: A Life Spent Hiding In Plain Sight, Crown Publishing Group, 2013
G. Greenberg, M.M. Haraway, Comparative Psychology: A Handbook, Garland Reference Library of Social Science, Routledge, 1998
P. Babiak, C.S. Neumann, R.D. Hare, "Corporate psychopathy: Talking the walk," Behavioural Sciences and the Law, at et al 2010.pdf
J. Ronson, The Psychopath Test: A Journey Through the Madness Industry, Picador, 2011
P. Babiak, C.S. Neumann, R.D. Hare, op. cit.
R. Hare, Comment
H.M. Cleckley, The Mask of Sanity: An Attempt to Clarify Some Issues About the So Called Psychopathic Personality, Mosby, 1976
P. Babiak, C.S. Neumann, R.D. Hare, op. cit.
B.J. Board, K. Fritzon, "Disordered personalities at work," Psychology, Crime and Law, Vol. 11(1), 17-32, with reference to D. Doren, Understanding and Treating the Psychopath, Wile, 1987
D. West, "The purpose of the corporation in business and law school curricula," Governance Studies at Brookings,
M. Friedman, "The Social Responsibility of Business is to Increase its Profits," New York Times Magazine, 13 September 1970
D. West, op. cit.
D. West, op. cit.
"PNG Leadership has been poor steward of resources," The National, 20 April 2011, (pdf)
Ibid.
J. Bakan, The Corporation: The Pathological Pursuit of Profit and Power, Free Press, 2004
A. James, "Ass-holes: a theory," Nicholas Brealey Publishing, 2013
D. Love, "16 Examples of Steve Jobs being a jerk," Business Insider, 25 October 2011,
A. James, op. cit.
R. Hercz, "Psychopaths among us,"
A. James, op. cit.
M.E. Thomas, op. cit.
D. Pearse, "Facebook's dark side: study finds link to socially aggressive narcissism," The Guardian, 17 March 2012,
A. James, op. cit.
John Davidson Rockefeller, Bartleby Quotations
J. Christie, "Multi-billionaire who gave a lecture about American's 'needing to have less things and live a smaller existence' owns a staggering FIVE mansions...", Daily Mail, 24 January 2015
S. Verstappen, Defense Against the Psychopath: A Brief Introduction to Human Predators, Woodbridge Press, 2011
M.E. Thomas, op. cit.
D. Dorr, "The pedophile as psychopath," 1998, in T. Millon, E. Simonsen, & M. Birket-Smith (Eds.), Psychopathy: Antisocial, Violent, and Criminal Behavior, 304-320, Guilford Press
P. Gilbert, "An introduction to the theory and practice of compassion-focused therapy and compassionate mind training for shame based difficulties," The Compassionate Mind Foundation, (PDF)
P. Gilbert, op. cit.






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