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La question innommée
S’il est un domaine de prédilection et traditionnellement réservé au Président de la République française dans le régime de la 5ème République, c’est bien celui de la politique étrangère et de la guerre.


L’article 35 de la Constitution d’octobre 1958 modifié en juillet 2008 (par Sarközy) indique que le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger trois jours après le début de l’opération extérieure’. A noter que la France considère qu’elle n’a plus connu de guerre depuis la fin de la seconde guerre mondiale, elle préfère nommer ses agressions militaires d’opérations à l’étranger.

Les différents candidats pour cette actuelle édition des élections n’ont que très peu évoqué leur orientation dans ce domaine. Or le chef de l’exécutif se voit octroyé le pouvoir exorbitant d’engager le pays dans des aventures coûteuses en moyens financiers et en sécurité intérieure. Ni l’un ni l’autre des deux médiocres finalistes n’ont parlé d’interrompre les ingérences de la France au Mali, en Afghanistan et en Syrie.

Sans même parler de la présence vécue comme quasi-naturelle de bases militaires au Tchad, au Gabon, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et à Djibouti. Le prolongement de la France en Afrique est une expansion entendue, seule son corollaire, l’immigration issue de ce continent, est considérée comme l’expression volonté de quelque obscure idéologie exotique qui a le projet de détruire l’identité française.

Représentant de commerce botté et casqué
La question des engagements militaires de la France, aucun des catcheurs qui ont figuré dans la compétition pour gagner de loger pour cinq ans au palais de l’Elysée ne pouvait la poser. En chiffres de ventes d’armes, la France est passée de près de 7 milliards en 2012 d’euros à 17 puis à 20 en 2015 et 2016. Elle est en passe de prendre la deuxième place à la fédération de Russie, derrière les Usa. Rafales pour l’Egypte et le Qatar puis pour l’Inde, sous-marins pour l’Australie qui doit renouveler sa flotte de submersibles. Ce sont bien les démonstrations des appareils français volants en Irak, en Syrie et dans cinq pays africains en proie au ‘terrorisme’ qui ont servi de puissants arguments publicitaires. Dénoncer le bellicisme qui contrevient aux plus élémentaires règles du droit international garant du principe de la souveraineté des nations de Sarközy puis de Hollande, sous la bannière de l’Otan, serait interprété comme un crime de lèse patriotisme. Les deux pugilistes arrivés en finale s’en sont bien gardés, pressés quand ils seront désignés de poursuivre leur petite besogne de représentants, non du peuple français, mais de commerce pour les firmes de l’armement.

Les guerres de destruction des pays de l’orient arabe ont bien sûr tout un faisceau de raisons, se renforçant avec synergie les unes les autres, mais prouver les qualités d’un appareil sur un champ de bataille en situation ‘réelle’ de combat en est l’un des plus solides et aisément invoqués.

Petits comptes d’épicier
20 milliards, c’est à la fois beaucoup et très peu. Convertis en parts de grandeurs aisées à appréhender, ils représentent à peine le quart de l’impôt sur le revenu perçu annuellement par l’État français, 78,3 milliards d’euros. Mais ils sont aussi le quart du montant de la fraude fiscale, estimée par des économistes spécialistes de la fiscalité entre 60 à 100 milliards d’euros. Ils ne sont par ailleurs que de ridicules petits fagots face à l’énormité de la dette publique de la France, 2200 milliards et ne couvre que la moitié des intérêts de la dette payés annuellement aux établissements financiers privés.

Ce ne sont de plus que des promesses d’achat assorties en outre de conditionnalités de transfert de technologie. Mais figurer dans le trio de tête des entités exportatrices d’armements confère un certain prestige.

En particulier, celui d’en imposer aux agences de notation de la qualité de la dette française. Ces sociétés de conseil dirigées par des littéraires et parfois des mathématiciens chargés d’évaluer la capacité de remboursement des Etats selon des critères sans aucun fondement scientifique avéré.

Ainsi, indirectement, le citoyen français, exposé au terrorisme induit par les ingérences de ses gouvernements successifs, a le privilège de profiter de taux d’intérêt faible quand ceux-ci empruntent et alourdissent inexorablement la dette publique.

Le rendement pour le citoyen français reste toutefois hypothétique. Ses contributions soutiennent avec des guerres chèrement payées une multinationale dont l’Etat ne détient qu’une part minoritaire et qui s’arrange fort bien avec les optimisations fiscales.

En 2012, le groupe Dassault payait 218 millions d’impôts 4% du chiffre d’affaire et assure à peine 9000 emplois en France.

Les guerres en cours ou à venir, enjeu crucial
Contre toute attente et en dépit de toutes les manœuvres frauduleuses et médiatiques à grande échelle, les Deplorables ont élu un chef de l’exécutif aux Usa qui leur promettait de désengager leur pays de la plupart des foyers de guerre qu’il allumait et entretenait un peu partout dans le monde. Non par conviction pacifiste mais eu égard à leur coût exorbitant. Moins de trois mois après son entrée en fonction, l’inertie du système, nourri aux dépenses gigantesques et impossible à évaluer sérieusement du Pentagone, a ramené l’occupant de la maison Blanche à la position traditionnelle de tout POTUS.

Non seulement les foyers de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Syrie ainsi que leur prolongement sur le territoire de l’Europe en Ukraine sont ravivés mais une extension est projetée sur l’Asie avec les provocations en Corée.

Le péril est paradoxalement devenu extrême avec le successeur d’Obama qui semble laisser la bride à ses généraux et s’en remettre à des impulsifs gouvernés par leur idéologie belliciste. Aller menacer la Chine si près d’une de ses chasses gardées c’est comme avec la Russie en Ukraine chercher la confrontation nucléaire.

La grande majorité des banques des pays occidentaux, même débarrassées de leurs créances toxiques grâce aux mesures déployées par les banques centrales qui les en ont délestées sont dans une situation (de nouveau) critique.

Trop grosses, elles font courir des risques systémiques au système financier mondial
Au quatrième trimestre 2016, la Deutsche Bank a frôlé la faillite et à cette occasion allait être mis en jeu le renflouement par les créanciers et les déposants plutôt que par l’État.

La santé des banques françaises, BNP et Crédit Agricole en particulier n’est pas des meilleures, un bon nombre de banques italiennes auraient péri sans la planche à billet de la Banque Centrale Européenne.

Face à ces deux questions cruciales, celle d’une guerre imminente sans cesse agitée et actualisée ainsi que celle de la fragilité du système financier mondial, européen et particulièrement français, les bateleurs plutôt que débatteurs qui se présentent au second tour de la Présidentielle, n’ont dit mot. Pas un seul.

Les malheureux spectateurs ont eu droit à de l’inconsistance, de la vulgarité, du mensonge grossier et une piètre prestation d’échanges poissards. L’un bavant, l’œil vide et froid, satisfait de lui et déjà vainqueur sans gloire, l’autre se sachant perdante, dans le rictus, le sarcasme, multipliant des attaques sans aucune portée sur tous les fronts. Les jeux étaient faits depuis longtemps, il y a plus d’un an était déjà portée en triomphe l’insoutenable médiocrité qui a fait sienne la volonté de détruire les restes déjà bien amoindris des acquis du Conseil National de la Résistance. Les systèmes de soins seront privatisés ainsi que les retraites.

Badia Benjelloun



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