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Faute d'avoir obtenu les réponses aux questions posées à la direction de Carrefour sur l'origine du coton utilisé par l'enseigne, Elise Lucet et l'équipe de "Cash" se sont rendues à l'assemblée générale du groupe. 

La salle pleine d'actionnaires n'a pas du tout apprécié l'intervention de la journaliste sur l'origine ouzbèke de ce coton. Extrait du magazine "Cash Investigation" diffusé mardi 28 novembre 2017 sur France 2.


Comme à son habitude, Elise Lucet descend sur le terrain quand le magazine "Cash Investigation" n'obtient pas de réponses à ses questions. Ce jour-là, elle se rend avec son équipe à l'assemblée générale des actionnaires de Carrefour. L'enquête de "Cash" a mis au jour que les magasins de l’enseigne vendent des vêtements en coton venant d'Ouzbékistan, où il est récolté grâce au travail forcé de centaines de milliers de fonctionnaires. 

Le service de sécurité a repéré les journalistes de "Cash" et veut les faire sortir de la salle de la Mutualité, à Paris, où se tient cette grande réunion. Comme personne ne bouge, des vigiles s'assoient à côté de l'équipe. Elise Lucet se lève et intervient sans micro. De la tribune, on lui demande de se déplacer au pied de l'estrade. Elle s'y rend : "Savez-vous, monsieur Plassat, que dans les vêtements que vous vendez dans vos magasins Carrefour, on retrouve du coton ouzbek ? Et que pour le récolter, le gouvernement donne lieu à du travail forcé massif, et même à du travail d'enfants ? Etes-vous au courant de cela ?" 

"Cela veut dire du travail forcé et du travail d’enfants !"

"Alors madame, je note votre question… et je ne sais pas, répond le dirigeant, et sachez bien que si je le savais, ça ne se ferait pas. Alors, vous dites en Ouzbékistan ? Jérôme [Bédier, alors secrétaire général du groupe, NDLR] ? C'est le spécialiste de la question…" dit-il en lui passant la parole. Jérôme Bédier répond : "Je vous confirme de manière extrêmement nette que Carrefour, depuis 2010, a interdit tout coton ouzbek.

" Des sifflets se font entendre dans la salle au moment où Elise Lucet précise sa question : "Nous sommes allés dans des filatures au Bangladesh qui utilisent du coton ouzbek et qui travaillent pour vous…" Des invectives lancées par des actionnaires se font entendre : "On s'en fout !"

Sous les sifflets, Elise Lucet poursuit : "De fait, du coton ouzbek se retrouve dans les produits que vous vendez. Et cela veut dire du travail forcé et du travail d'enfants. C'est pour ça que nous sommes ici, car c'est assez grave." Le Pdg répond : "Nous écoutons votre question avec beaucoup d'intérêt parce que ce ne sont pas des sujets légers pour nous. Deuxièmement, je ne suis spécialiste du coton ouzbek… mais la traçabilité est organisée le mieux possible chez nous, avec un grand scrupule." Promet-il une interview ? "Pas nécessairement de moi, mais une interview sur le sujet, vous l'aurez." 

L'équipe de "Cash" quitte la salle sous les quolibets : "Gauchistes dehors !" ; "C'est nous qui vous payons !" ; "Les fonctionnaires dehors !" ; "Journalistes de m… !" ; "Vendus !"



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