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Les jeunes actifs européens souhaitant s’expatrier à Lisbonne sont de plus en plus nombreux. Mais, malgré la réelle qualité de vie de la capitale du Portugal, l’installation n’y est pas si aisée que peuvent le présenter les grands médias. Le prix et la rareté des logements constituent véritablement un frein pour de nombreuses personnes.

“Déménager dans un endroit si peu coûteux que vous n’aurez presque pas besoin de travailler pour y vivre…” C’est avec cette accroche, que le community manager de Forbes France, vendait sur Facebooken milieu de semaine dernière un article intitulé “S’expatrier : les 10 lieux les moins chers où s’installer en 2018”. En photo d’illustration, la place du commerce étale ses arcades devant le Tage. Lisbonne arrive en tête du classement de ces dix villes de rêve sélectionné dans la revue Live and Invest Overseas et rapporté par le célèbre magazine d’affaires américain. Plébiscitée ainsi par la presse internationale, la capitale portugaise attire de plus en plus de candidats à l’expatriation.

Des prix égaux aux salaires
Pourtant, sur place, trouver un logement décent à un prix abordable à la location devient un vrai casse-tête. “Les chambres en collocation sont au même prix que les appartements T2 ou T3 il y a trois ans”, se lamente Joao, Portugais originaire de Macao qui vit depuis vingt ans à Lisbonne. Sur les pages internet dédiés, il est rare désormais de trouver une chambrette pour étudiant à moins de 300 euros. Locataire d’un appartement dans l’Alfama, il a été contraint de sous-louer une de ses chambres via la plateforme Air bnb, après que son propriétaire ait subitement décidé de doubler le montant de son loyer au terme d’un an de contrat. L’an prochain, il devra sans doute quitter les lieux, le bâtiment en son entier idéalement situé pour créer un espace de location touristique ayant été mis à la vente le mois dernier. “Pour moi, l’histoire se répète car mon précédent logement, dans l’Alfama, avait été vendu à un investisseur qui l’avait transformé en guest house”, souffle-t-il. La prochaine fois, il l’assure, il sera dans l’obligation de cesser de vivre en centre-ville et se repliera sur une banlieue proche. Le prix de son loyer aura “sans doute dépassé la valeur de [m]on salaire ( un peu plus de 1000 euros )” pour un T2 confortable dans la zone où il loge aujourd’hui.

Contrats à court terme
Avec la massification touristique, la ville est en train de vivre ce que les économistes appellent une “bulle immobilière”. Et dans ce contexte de demande plus forte que l’offre, la position des étrangers de pays réputé plus riches est ambivalente. Censés être dotés d’un pouvoir d’achat supérieur ils contribuent à la fièvre du marché ( dans une moindre mesure que l’activité touristique bien évidemment ) mais ne peuvent pas toujours offrir les garanties demandées en termes de paperasserie. Comme dans quasiment tous les recoins du monde, il faut en théorie un garant résident dans le pays ou à défaut un contrat de travail du pays en béton armé pour pouvoir prendre possession des lieux. Moi-même en recherche de logement, je me retrouve souvent face à un autre problème. Grand nombre de propriétaires, comme celui de Joao, ne souhaitent pas que le contrat soit supérieur à une année. “Les gens veulent se réserver le droit de pouvoir vendre ou augmenter le loyer au bout d’un an, vu le contexte actuel”, m’expliquera une responsable d’agence immobilière. En plus d’une garantie d’un mois, un mois de commission pour l’intermédiaire et deux mois de loyer d’avance, il faudra équiper entièrement un appartement vide de meubles. Mais j’ai un “avantage” sur d’autres prétendants me fait remarquer la même femme. “La propriétaire ne veut pas de Noirs, ni de Brésiliens, ni d’Indiens.”

Charles Mathieu-Dessay

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