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Médiacités s'est procuré des documents confidentiels qui illustrent les problèmes rencontrés par l'hôpital toulousain, entre dysfonctionnements techniques, manque de personnels et mise en danger des patients. 

L'accumulation d'incidents fait frémir au CHU de Toulouse. La fuite de plus de 26.000 fiches enregistrées par le personnel, temporairement rendues visibles sur l'intranet de l'hôpital par erreur, révèle de multiples problèmes au sein de l'établissement Médiacités s'est procuré ces documents qui dépeignent une situation inquiétante dans l’hôpital toulousain.


Pannes et mises en danger. Un instrument chirurgical qui crache du liquide noir dans la bouche d'un malade et lui brûle la joue, une coupure d’électricité au bloc et des machines à l’arrêt pendant huit minutes alors qu'un patient est sur la table d'opération, une chute de peinture sur un champ opératoire, des tensiomètres qui ne fonctionnent pas, des portes et des ascenseurs vétustes... Ce sont autant d'incidents répertoriés dans les 26.173 formulaires du CHU de Toulouse qui ont été mises au jour par Médiacités et qui montrent un établissement en proie aux incidents techniques, aux pannes de matériel et au manque de personnel dans les services. En octobre 2016, une salariée écrivait ainsi sur l'un de ces documents : "Une journée de plus où nous rentrons chez nous avec le sentiment d’avoir bâclé notre travail et de réaliser la mise en danger des patientes et de nous, personnel hospitalier".

"Les choses pas faites en temps et en heure". Au micro d'Europe 1, le discours d'une employée - en burn-out - confirme le malaise. Elle raconte anonymement que certains matins, seules deux infirmières gèrent une vingtaine de lits : "C'est difficile d'aller travailler chaque jour. Si vous imaginez que ce sont vos parents, vos amis, qui sont du côté patients. Personnellement, je ne sais pas si j'irais me faire soigner à l'hôpital. Il y a un nombre insuffisant de soignants par rapport aux patients, ce qui fat que les choses ne sont pas faites en temps et en heure." En janvier 2016, une infirmière du service de gynécologie écrivait son impuissance face à la prise en charge de quatorze patientes. Certaines étaient ainsi restées "plusieurs minutes souillées de vomi". Elle signalait aussi le manque de prise en charge psychologique d'une patiente à qui l'on avait récemment annoncé un cancer.

L'employée contactée par notre antenne a également fait part de la situation de plusieurs de ses collègues, en dépression. En outre, La CGT évoque un manque criant de personnel alors que le taux d'activité de l'établissement augmente, notamment avec l'accroissement de la population toulousaine.

Pour la direction, un hôpital "dans la moyenne". Cette détresse généralisée s'explique en partie grâce aux fiches d'incidents qui ont été dévoilées, selon le syndicaliste CGT Julien Terrié. "Il y a un management assez dur dans les hôpitaux, donc, pour que des agents osent écrire qu'ils sont en danger, c'est que c'est vraiment grave." La direction répond que le nombre de signalements à Toulouse, près de 7.000 l'an dernier, se situe dans la moyenne des hôpitaux français.

Qui plus est pour Dominique Soulié, directeur de la communication de l'hôpital, interrogé par nos confrères, les fiches d'incidents ne sont pas l'illustration de graves problèmes mais leur analyse permet au contraire "d’identifier des plans d’action d’amélioration et ainsi de réduire les risques et dysfonctionnements pour les patients, les visiteurs et les professionnels." En outre, pour lui, ces fiches qui ne devaient pas être rendues publiques démontrent "la dynamique qualité du CHU".

Tous les hôpitaux français sont concernés...




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