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Le Cygne noir, est une théorie selon laquelle on appelle cygne noir un certain événement imprévisible qui a une faible probabilité de se dérouler (appelé « événement rare » en théorie des probabilités) et qui, s'il se réalise, a des conséquences d'une portée considérable et exceptionnelle. 

La chronique de Pascale Seys. 

Best-seller en 2007, Le Cygne noir développe la thèse selon laquelle le monde est généralement présenté de manière artificielle et trompeuse. C’est le travers des économistes et des scientifiques que de vouloir soumettre leurs observations aux règles mathématiques et prétendre ainsi prévoir les événements avec la certitude des lois de la probabilité. Or le monde n’est pas prévisible. L’histoire est plutôt déterminée par des événements extraordinaires et imprévus, mais dont le caractère surprenant disparaît dès que l’événement est survenu. La découverte d’un cygne noir en Australie au xix e siècle fut extraordinaire parce qu’auparavant le cygne noir désignait une observation jamais faite. Les cygnes étaient supposés tous blancs. Aujourd’hui, l’existence de cygnes noirs n’a plus rien de surprenant. 

L’auteur Nassim Nicholas Taleb, écrivain et professeur à l’Institut polytechnique de l’université de New York, a écrit plusieurs livres à succès sur le risque et l’incertitude, notamment Le Hasard sauvage (Fooled by Randomness). Son ouvrage, Force et Fragilité, explore quelques prolongations de la thèse du Cygne noir, notamment la manière dont la nature, en tant que système complexe, résiste au phénomène du cygne noir. Taleb dit avoir une approche non mathématique du risque et une confiance réduite dans les modèles financiers utilisés par les universitaires. 

La disparition de l’effet de surprise après qu’un événement a lieu rend difficile d’admettre que le monde est imprévisible. Pourtant, le lecteur de cette note ne sait pas s’il achèvera sa lecture, à supposer qu’elle l’intéresse. Un appel peut l’interrompre au téléphone ; il peut apprendre soudain une nouvelle qui le détournera vers une autre activité. Ou le chien du voisin, venu impromptu lui rendre visite, peut décider de lui mordre un mollet. Ces événements sont improbables mais ils peuvent arriver et, à l’échelle du monde, ce sont ce type d’événements qui régissent l’histoire. 

Le propos de l’auteur est d’opposer la réalité du monde, appelée « Extremistan », à sa description dans les manuels, appelée « Mediocristan ». Le Mediocristan est régi par la loi des grands nombres qui relativise les événements inhabituels et fait plutôt considérer les moyennes. Au Mediocristan, la représentation du monde est celle de la courbe de Gauss, d’après laquelle les observations tirées au sort s’accumulent de part et d’autre d’une valeur moyenne. Cette représentation plaît aux économistes et aux scientifiques qui en tirent d’élégants raisonnements.




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