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Banaliser l'extrême-droite : "lanceurs d'alerte" ou agitateurs anesthésiants* ? Nous le disons depuis près de vingt ans : le plus dangereux dans les débats politiques n'est pas la controverse qui emporte les passions, mais ce qu'il en reste et qui insensiblement forge les pensées et les perceptions, "savantes" autant que populaires.

En 2012 déjà, je suggérais que l'extrême droite avait beau avoir perdu les élections, c'était pourtant son discours sur l'immigration, la sécurité et l'islam qui les avaient gagnées.

Il y a les "lanceurs d'alerte" qui éveillent nos consciences et nous informent sur des vérités cachées; et il y a les "agitateurs anesthésiants" qui, au gré des controverses et des provocations médiatiques répétées, crédibilisent et normalisent des mensonges patents. Ils habituent nos intelligences aux pires propos, au racisme et à la xénophobie ordinaires. Ils finissent par avoir raison de nos limites et de nos indignations. Ils nous anesthésient et nous endorment littéralement. L'inconcevable hier devient l'acceptable aujourd'hui. 

Cette stratégie de communication est une stratégie politique, ne nous y trompons pas. Les Zemmour, Messiah, Praud, Fourest, Lévy, al-Rhazoui, Bitan, etc., etc., etc., en France, ne sont que des "agitateurs anesthésiants" qui préparent le terrain des politiques et des médias qui les emploient. Il nous faut des chercheurs comme François Gemenne, ou des ... lanceurs d'alerte pour y résister.

*Cela semble un oxymore et pourtant cette formule révèle une des vérités les plus dangereuses de la psychologie collective : agiter les émotions et, par là même, coloniser les intelligences.






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