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Un grand merci à toute la clique merdiatique française et européenne qui nous confirme de façon indiscutable que la réalité lui pose un véritable problème. 

Manipulation, mensonge, mauvaise foi, déni : voilà de quoi est faite la croix de l'information brandie par ceux que l'on appelle "journaliste", "reporter", "chroniqueur", "éditorialiste", "correspondant". Qui déversent, dans les journaux et à la télévision, suite au résultat du référendum, une propagande ahurissante de flagrance, émanation d'une vision pathologiquement déformée du réel, où l'on va jusqu'à denier aux autres leur aptitude à prendre des décisions.

Remercions donc encore une fois la caste médiatique et sa machinerie de la communication pour ce qu'elles sont : un film en négatif de la réalité, témoin parfait d'une époque malsaine sachant mettre à l'épreuve le bon-sens le plus commun, l'intelligence la plus élémentaire ; s'évertuant à pervertir notre appréciation des évènements pour faire du mensonge la vérité.

Manifestement sonnée par l'onde de choc du Brexit, la presse française quasi-unanime n'a pratiquement donné la parole depuis vendredi qu'à des experts en catastrophisme, à des Britanniques désespérés ou à des pro-Brexit rongés par le remord. Quitte à snober le choix d'un peuple...

Plus de 72% des électeurs britanniques se sont prononcés le 23 juin. Une mobilisation massive qui a conduit 51,9% d'entre eux, soit 17,2 millions, à voter "Leave" : le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Mais de notre côté de la Manche, le succès de cette consultation populaire a été éclipsé par un traitement médiatique des plus originaux qui, tout au long du week-end, a déroulé ce raisonnement : au lendemain du scrutin, les Britanniques se sont levé avec un sacrée gueule de bois car ils avaient voté sans réfléchir, donc ils regrettent et il faudrait qu'ils puissent revoter. Démonstration en quatre étapes.


Étape 1 : "Tout le monde a perdu"

Il est à peine cinq heures du matin ce vendredi 24 juin quand la France découvre les premiers résultats significatifs du référendum au Royaume-Uni : surprise, le Brexit est donné gagnant ! En contredisant les derniers sondages et les paris des bookmakers, le choix des Britanniques nourrit forcément les matinales et les premiers papiers des rédactions. Ainsi les Français ont-ils pu se réveiller avec en partageant la "gueule de bois" apparemment généralisée au Royaume-Uni, l'expression se plaçant en hit des plus utilisées sur les chaînes d'info en continu toute la journée, reprise dans les titres de la presse sur Internet. Un lendemain de cuite que partagent en premier lieu les financiers de la City (20 Minutes, Ouest France...) qui s'étaient prononcés contre le Brexit, mais aussi... des électeurs pro-Brexit. Ceux qui chercheront des images de célébration du camp du "Leave" ou des réactions positives à ce vote en seront pour leurs frais : unanime, la presse française ne tend majoritairement le micro qu'aux inquiets (Courrier International, Le Figaro...), aux catastrophés (France Bleu Gard Lozère) et aux pessimistes de tout poil, comme dans cette vidéo du Parisien :


Étape 2 : "Ils ne savent pas ce qu'ils font"

Forcément, puisque le Brexit ne peut être qu'une catastrophe vue de France, il ne peut être que le résultat d'une erreur des Britanniques. "A l'occasion du référendum sur l'UE, (les pro-Brexit) ont cru sanctionner l'establishment. Mais leurs ennuis, et ceux du pays tout entier, ne font que commencer", nous promet ainsi L'Express qui nous explique doctement "pourquoi les Britanniques vont regretter leur vote". Pour le Huffington Post, une réflexion sur l'Europe telle qu'elle est ne saurait avoir motivé le vote pro-Brexit des Britanniques, qui ont simplement manifesté là leur sensibilité exacerbée au populisme, à tel point que le titre s'interroge : "Les Américains suivront-ils le populisme britannique en élisant Trump ?" Cherchez le rapport... La preuve que "les Anglais ne savent pas pourquoi ils ont voté", rapporte BFMTV, qui analyse les tendances de recherche sur Google : ils ont attendu de voir le résultat de leur légèreté pour se renseigner sur deux questions essentielles : "Que signifie la sortie de l'UE ?" et "Qu'est-ce que l'UE ?". Peu importe que ces interrogations puissent être celles de ceux qui ont voté contre le Brexit, et qu'elles paraissent quoi qu'il en soit légitimes ce jour-là, c'est bien le signe de l'ignorance crasse de ces électeurs qui ont fait basculer le destin européen.

Étape 3 : "Les pro-Brexit regrettent déjà"

Ne sachant pas ce qu'ils faisaient, il est logique que les électeurs pro-Brexit s'en mordent les doigts le lendemain. Sans parti pris aucun, c'est donc l'angle que de nombreuses rédactions françaises se sont donc refilé tout le week-end, avec cette question en tête que l'on ne pose pourtant jamais les lendemains d'élections : regrettez-vous votre vote ? Et de relayer en chœur (Huffington Post, BFMTV, Sud Ouest) ce témoignage d'une jeune Anglaise au Telegraph : "Si je pouvais revenir sur mon vote, je choisirais de rester dans l'UE". En reprenant les tweets de deux électeurs pro-Brexit qui assurent également regretter leur vote, ainsi que quelques autres témoignages allant en ce sens, Francetv Info annonce aussi : "Certains partisans du Brexit regrettent déjà leur choix." Slate et Europe 1 viennent compléter le tableau en dressant le portrait de ces "Bregretters". "Voter 'out'... et s'en mordre les doigts", termine Le Télégramme en s'appuyant... sur trois témoins. Ou comment essentialiser la réaction de 17 millions d'électeurs à partir de quelques sources. Et les pro-Brexit fiers de leur vote, se cacheraient-ils ?

Étape 4 : "Et si on revotait ?"

Enfin, partant de l'erreur des Britanniques et des remords qui les rongent, la presse française ne pouvait qu'appuyer une idée toute simple : puisque ce vote démocratique ne convient à personne, pourquoi ne pas rejouer le match ? Et tous de se jeter comme un seul homme sur une pétition en ligne qui appelle les Britanniques à un second vote. La consultation, qui a réuni plus de 3,5 millions de signatures ce lundi, serait l'œuvre d'un partisan du "Remain" (le "maintien" dans l'UE). Là encore, peu importe que sa fiabilité soit plus que douteuse, Marion Maréchal-Le Pen ayant par exemple annoncé qu'elle avait voté alors qu'elle n'est évidemment pas citoyenne britannique. L'initiative réjouit de toute manière la presse économique, notamment, qui a n'a eu cesse de recueillir ces derniers mois les lumières d'économistes défendant le "Remain". Ainsi, La Tribune titre avec entrain : "Plus d'un million de signatures pour un nouveau référendum !" Et 20 Minutes de rêver tout haut, en expliquant pourquoi "la pétition aux 3 millions de signatures pose question"...

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