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Des scientifiques de l’Institut Max-Planck de météorologie, en Allemagne, ont mis au point une étonnante simulation qui permet de découvrir les conséquences d’une inversion de la rotation terrestre. Entre autres bouleversements, notre planète connaîtrait une nette diminution de ses surfaces désertiques, ainsi qu’une modification de ses vents et de ses courants marins.

Que la Terre s’arrête de tourner serait une chose… Que son sens de rotation s’inverse en serait une autre ! Aussi improbable qu’effrayant, ce scénario a pourtant fait l’objet d’une simulation, présentée il y a quelques semaines au cours de l’édition 2018 de l’Assemblée générale de l'Union Européenne des Géosciences, tenue cette année en Autriche.

Jusqu’à preuve du contraire, la Terre tourne aujourd’hui dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Vue depuis le pôle Nord, elle décrit une rotation dirigée d’Ouest en Est, et qui atteint la vitesse vertigineuse de 1670 km/h. Que pourrait-il alors se passer si, par le plus grand des hasards, ce mouvement venait à s’inverser ? Le co-concepteur de la simulation, Florian Ziemen, apporte la réponse dans une interview donnée au site Livescience.

Plusieurs paramètres pris en compte dans la modélisation 
"L’inversion de la rotation de la Terre préserve toutes les caractéristiques majeures de la topographie, comme les tailles, les formes, et les positions des continents et des océans", explique le spécialiste. Nous voilà presque rassurés… Sauf que ce bouleversement pourrait avoir des conséquences bien plus sérieuses sur les courants océaniques, ainsi que sur les vents, et donc finalement sur le climat.

Pour parvenir à déterminer et à quantifier ces effets, Florian Ziemen et son équipe de l’Institut Max-Planck de météorologie, en Allemagne, ont utilisé le système de modélisation développé par l’Institut afin d’inverser les relations de la Terre avec le Soleil, tout comme la force de Coriolis, une force inertielle induite par la rotation terrestre.

Cette manipulation leur a permis d’observer les modifications climatiques sur plusieurs milliers d’années. Et de manière générale, le constat des scientifiques est celui d’une planète plus verte que celle que nous connaissons actuellement.

Une planète plus verte et des vents détournés
Si la Terre tournait à l’envers, la surface du globe recouverte par les déserts diminuerait en effet d’une dizaine de millions de kilomètres carrés, passant d’environ 42 millions de kilomètres carrés à un peu plus de 30 millions. Une première moitié de cette surface désertique perdue serait recouverte d’herbe, alors que l’autre verrait naître de la végétation boisée. Cette émergence végétale permettrait ainsi un stockage de carbone plus important.

Ce n'est pas tout, la répartition des zones arides serait elle aussi bouleversée. Des régions aujourd’hui tempérées ou tropicales se transformeraient en déserts, et notamment le Sud-Est des États-Unis, le Sud du Brésil, ou encore l’Argentine.

L’inversion de la rotation terrestre engendrerait aussi celle des mouvements de masses d’air. La trajectoire des vents ainsi modifiée provoquerait un bouleversement des températures, plus basses à l’ouest des continents, et plus élevées à l’est. Le Nord-Ouest de l’Europe connaîtrait également des hivers bien plus rigoureux.

Les océans, quant à eux, s’en trouverait tout aussi retournés. Les mers orientales se réchaufferaient, alors que les masses d’eau occidentales diminueraient en température.

Une répartition de la chaleur bouleversée
Dans l’Atlantique, les courants océaniques ralentiraient, et la célèbre AMOC, la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, en partie responsable du transport de la chaleur autour de la Terre, disparaîtrait au profit d’un autre mouvement de masse d’eau, situé cette fois dans le Pacifique, et qui convoierait l’énergie thermique jusqu’à l’Est de la Russie.

Dans l’océan Indien, les changements de la circulation des flux océaniques conduirait à une diminution de l’oxygénation des eaux, et à leur enrichissement en phosphates et en nitrates. Des conditions idéales pour la prolifération de cyanobactéries, au détriment du phytoplancton. Dans le Sahara en revanche, les végétaux connaîtraient un essor sans précédent.

Un phénomène qui semble laisser songeur Florian Ziemen : "Voir le Sahara vert sur notre modèle me fait réfléchir aux raisons pour lesquelles nous avons un désert dans le Sahara. C’est cette réflexion à propos des questions les plus basiques qui me fascine dans ce projet". Le simple fait d’imaginer l’inversion de la rotation de la Terre semble décidément capable de nous mettre la tête à l’envers.



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