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Ceux qui en doutaient encore sont maintenant bien obligés d’admettre que la France des libertés, de la démocratie et du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple est en train de disparaître à une vitesse croissante ces derniers mois. Le gouvernement, courant comme un poulet sans tête d’une urgence à l’autre, dégage maintenant davantage l’odeur de la sauce BBQ avec laquelle il sait qu’il sera un jour croqué que celle d’une mâle assurance en action avec intelligence et fermeté pour l’intérêt de tous.

Et c’est logique : plus rien ne permet de camoufler qu’au-delà de l’État d’urgence sanitaire, le gouvernement ne semble avoir aucune idée de ce qu’il faut faire et ne veut donc plus en sortir de peur d’avoir à se justifier pour toutes les coupes franches qu’il a pratiquées dans les libertés depuis le début de l’année.

La dernière réaction (outrée, digne d’un enfant mal élevé) d’un Olivier Veran tançant les députés qui ne veulent pas entendre ses jérémiades en dit long sur les ressorts (ici purement émotionnels) utilisés pour obliger tout le monde à rentrer dans le rang : non et non, le confinement ne pourra pas se terminer plus tôt que les dates décidées unilatéralement par le gouvernement, non et non, l’État d’urgence sanitaire ne pourra pas dépendre d’un choix de la représentation nationale et sera subordonné à des décisions prises entre gens non élus. C’est ainsi, et s’il y a objections, l’un ou l’autre ministre viendra hurler dans l’hémicycle, tenez-le vous pour dit.

Pourtant, n’en déplaise au petit marquis froissé en charge de la santé en France, plus les semaines avancent, plus le décalage entre ce qui est fait sur le plan sanitaire et l’impact réel de l’épidémie apparaît important, plus devient évidente la disproportion entre les restrictions, fermetures, couvre-feux et autres confinements d’un côté et ce que l’on observe effectivement comme dégâts sanitaires de l’autre. L’impact économique devient tel et va finir par mettre en danger une telle portion du système français (y compris de soins) que plus rien ne pourra justifier de continuer la folie confinatoire actuelle.

Pire : à mesure que les confinements et les contraintes de plus en plus débiles s’amoncellent apparaissent de nouvelles victimes, pas économiques mais bien sanitaires cette fois-ci : surmortalité cancéreuse, AVC non traités, maladies mal ou pas diagnostiquées, réductions de chance de survie pour certains traitements, la liste s’allonge à tel point que le bénéfice affiché pour les mesures mises en place ne compense plus les dégâts.


Le pays, qui n’est plus gouverné mais seulement piloté au jour le jour par une poignée d’experts non-élus et de décideurs technocratiques plus ou moins officiels, se retrouve à la merci de l’Occupant intérieur, administrations et coteries politiques de municipalités ou de départements qui s’en donnent à cœur joie pour continuer le pillage auxquels ils se livraient plus discrètement jusqu’à présent.

C’est ainsi que la mairie de Paris a décidé d’en finir une fois pour toutes avec les restaurateurs qui survivent encore dans la capitale : avec toute la finesse qui caractérise Anne Hidalgo a décidé d’interdire la vente à emporter, seul gagne-pain des restaurants et bistrots de la capitale, entre 22 heures et 6 heures. Apparemment et pour l’impressionante virologue de la mairie de Paris, le virus se déplacerait de nuit, de plat en plat avec une mobilette et une sacoche Ubereats.

Néanmoins, rassurez-vous : ce que détruit l’État au travers d’une municipalité socialiste débridée, l’État peut le reconstruire avec flonflons et petits fours d’inauguration grâce à une mesure gouvernementale finement ouvragée : pendant que l’Anne de Paris pilonne son petit commerce, au moins le gouvernement décide-t-il, entre deux allers-retours caquetants à l’Assemblée nationale, de prendre en charge les frais d’envoi des livres des librairies indépendantes.

Eh oui, vous avez bien lu : décidant courageusement de concurrencer Amazon frontalement, Étaprizon, le géant français du no-commerce en ligne, décide donc d’offrir la livraison pour tous les achats de livres effectués auprès de l’un ou l’autre libraire agréé, tamponné et dûment cerfaté.


Le contribuable français s’en frotte déjà les mains de plaisir, d’autant qu’il sait qu’Étaprizon va grignoter inexorablement des parts de marché à toute l’activité commerciale du pays : tous les politiciens, ceux du gouvernement en tête, en bons ignares économiques qu’ils sont, sont en effet montés au créneau pour inciter les Français à ne plus passer par Amazon, le concurrent visible.

Refusant sans doute de comprendre (explication charitable) ou incapables de le faire (explication probable) qu’Amazon n’est pas – loin s’en faut – le producteur des biens qu’il vend, mais simple revendeur de fabricants dont une pléthore d’indépendants français, nos fiers imbéciles réclament donc de sabrer une nouvelle fois une des voies que ces fabricants et commerçants français avaient pourtant choisie librement afin d’écouler leurs produits en ces temps où la vente en magasin a été formellement interdite, justement par nul autre qu’Étaprizon.

Les décisions des uns, qui font mine de sauver les meubles, et celles des autres, qui les cassent et les brûlent avec application, s’enchaînent actuellement dans le pays dans ce qui ressemble de plus en plus à une cacophonie douloureuse d’actes idiots dont la facture finale promet d’être extrêmement salée. Plus exactement, les politiciens français font de l’improvisation totale dans ce qui s’apparente une fois de plus à un foutage de gueule phénoménal qui, en plus de coûter des montagnes d’argent public, coûte maintenant des emplois, des entreprises, des commerces et ultimement des vies.

Tout ceci, cet amoncellement d’âneries scandaleuses mises en place par des foutreboules de cirque politique et des corniauds glorifiés de titres ministériels ne peut conduire qu’à une catastrophe économique d’ampleur biblique qui rendra la crise sanitaire fort modeste en proportion. Cela ne peut pas se terminer en chanson.

Français, tenez vous prêts.





 
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